La Tech centrée sur l’humain en Inde, Interview du Prof D. Ingber, Tissus cardiaques vivants au service de la recherche sur l’ARN

La Tech centrée sur l’humain en Inde, Interview du Prof D. Ingber, Tissus cardiaques vivants au service de la recherche sur l’ARN


Actus des méthodes non-animales

08 -12 AVRIL 2024

NEWS, RAPPORTS, PRISES DE POSITION

1. Plan stratégique Horizon Europe (2025 – 2027) : une attention particulière pour le concept One Health et la participation à l’Espace européen de la Recherche (EER)

Pointant l’élargissement de la participation et le renforcement de l’Espace européen de la Recherche (WIDERA) comme une clé pour réduire l’écart d’innovation entre les pays et visant à promouvoir l’excellence et la compétitivité à travers l’EER, le plan présente six pôles. Le Cluster 1, dédié à la santé, poursuivra ses efforts pour mieux comprendre et atténuer les effets de la triple crise planétaire (changement climatique, pollution, et perte de biodiversité) sur la santé humaine et le système de santé, faisant écho au concept de One Health.

Parmi les objectifs du Cluster 1, le plan indique que les nouvelles approches non animales sont très prometteuses pour remplacer ou complémenter les études sur les animaux destinées à améliorer la recherche biomédicale, les évaluations de la sécurité des produits chimiques ou les essais cliniques. Le Cluster 1 continuera de soutenir le développement et la validation d’alternatives à l’expérimentation animale.

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2. Article d’opinion par la directrice de la Priorisation et de l’Intégration à l’ECHA

En amont du poster de l’EPAA à l’”Helsinki Chemicals Forum 2024”, en collaboration avec Euractiv, la directrice de la Priorisation et de l’Intégration de l’European Chemicals Agency (ECHA), Ofelia Bercaru, a partagé sa vision et tout en garantissant la sécurité chimique, a confirmé que le changement vers des méthodes alternatives est déjà en train de se faire. En vertu de la législation européenne sur les produits chimiques, les méthodes alternatives sont largement utilisées, par exemple, pour tester l’irritation oculaire ou cutanée des composés chimiques.

Lorsque les méthodes alternatives permettant d’évaluer les dangers des produits chimiques n’existent pas, les tests sur animaux peuvent encore être utilisés en dernier recours. C’est le cas pour des dangers plus complexes, comme la cancérogénicité ou la toxicité reproductive. Cependant, des recherches intéressantes sont déjà en route, et des progrès sont observés dans de nombreux domaines. La science progresse.

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3. Technologies centrées sur l’humain : réglementation et formations en Inde

Des décisions politiques et réglementaires encourageantes

Un peu partout dans le monde, les pays s’engagent à avancer vers des technologies plus pertinentes afin de mimer la complexité de la biologie humaine, et l’Inde a démarré du bon pied, avec des décisions politiques et réglementaires encourageantes dans ce domaine.

En 2019, l’Indian Council of Medical Research (ICMR) a produit une feuille de route pour soutenir les technologies basées sur l’humain dans le domaine de l’expérimentation et du développement de médicaments. Le papier proposait plusieurs recommandations, dont l’établissement de “Centre d’Excellence” pour développer ce domaine interdisciplinaire. Le Département de Biotechnologie (DBT en anglais) a également lancé un appel à financement en 2023 pour soutenir le développement de modèles plus pertinents pour développer de nouveaux médicaments.En parallèle, le Ministre de la Santé et du Bien-être Familial a produit en 2022 un amendement aux règles pour le développement de nouveaux médicaments et pour les essais cliniques datant de 2019.

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Comment l’Inde forme les prochaines générations de scientifiques aux méthodes centrées sur l’humain

Pour Umar Sheikh, un doctorant à l’Institut indien des sciences médicales (AIIMS) à New Delhi qui utilise des technologies avant-gardistes pour développer de nouvelles thérapies contre le cancer, il y aurait besoin non seulement de l’infrastructure nécessaire pour mener des expériences, mais également des conseils d’un réseau ingénieux de scientifiques travaillant sur des modèles similaires dans tout le pays.

Dans un effort d’accompagner la communauté grandissante des chercheurs travaillant avec des modèles plus pertinents pour l’humain, le Centre pour les Systèmes de Modèles Humains Prédictifs (CPHMS en anglais) a constitué un annuaire des scientifiques indiens travaillant dans le domaine des organoïdes, des organes sur puces et de la modélisation informatique. Ce répertoire en accès libre, permet aux étudiants et scientifiques d’interagir avec des experts tout en constituant aussi une ressource critique pour le public, les investisseurs privés ou encore pour les législateurs.

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4. Révolutionner les tests de neurotoxicité développementale – la transition des modèles animaux aux systèmes in vitro avancés

Pendant deux décennies, la technologie de pointe a permis de concevoir des tests qui épargnent les animaux et permettent de lutter contre le risque de neurotoxicité, qui est parmi les plus complexes. S’il est évident que ce domaine a besoin d’orientation et de réglementation, l’impact économique massif de la diminution des capacités cognitives humaines causée par l’exposition aux produits chimiques devrait faire l’objet d’une plus grande attention.

Des stratégies complètes et avancées d’expérimentation non animale, comme les tests de neurotoxicité pour le développement (DNT en anglais) in vitro , peuvent désormais remplacer les approches basées sur les animaux pour évaluer avec plus de précision et d’efficacité le risque complexe d’exposition aux produits chimiques pour le cerveau humain. Les récentes directives d’essai de l’OCDE ont formalisé cette batterie tests in vitro pour le DNT, marquant une réalisation cruciale dans ce domaine. « La combinaison de ces technologies disruptives nous permettra de faire bien plus que simplement remplacer les tests sur les animaux. Nous pouvons faire des choses dont nous n’avions pas rêvé lorsque nous avons commencé il y a 20 ans. Le défi maintenant est la mise en œuvre ! » — Smirnova et al.

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5. Le rôle (trompeur) des modèles animaux dans le développement de médicaments, par le Professeur Hartung, John Hopkins University

Les animaux comme la souris et le rat ont longtemps été utilisés dans la recherche médicale pour aider à comprendre les maladies et pour tester les potentiels nouveaux traitements avant les essais cliniques sur l’humain. Cependant, alors que les études faites sur les animaux ont contribué à des avancées considérables, une trop grande dépendance aux modèles animaux peut également fausser le développement de médicaments. Cet article explique pour le grand public comment les animaux de laboratoire sont utilisés pour développer de nouvelles médecines, les points forts et points limitants du modèle animal, et comment des technologies plus adaptées à l’homme ‑alternatives aux essais sur les animaux- pourraient améliorer ce processus.

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6. Confronter les biais en faveur de la méthode animale

Les NAMs utilisant les cellules et les données de patients pour imiter les états physiologiques complexes de l’humain et les réponses thérapeutiques sont devenues de plus en plus efficaces et accessibles. Malgré de nombreux avantages, l’acceptation des méthodes non animales prend du temps, et des obstacles à leur adoption plus large demeurent.

Une des plus grandes barrières reste les biais des méthodes animales, c’est-à-dire la préférence pour des méthodes basées sur les animaux quand ils ne sont pas nécessaires ou quand des méthodes sans animaux restent appropriées. Ces biais peuvent impacter les évaluations de recherche et peuvent décourager les chercheurs d’utiliser de nouvelles approches non animales. Cet article fournit un aperçu général des biais des méthodes animales pour le grand public, revoyant les preuves, explorant les conséquences, et discutant des efforts d’atténuation en cours visant à réduire les obstacles à l’abandon de l’utilisation des animaux dans la recherche et les tests biomédicaux.

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INTERVIEWS, NOMINATIONS, RÉCOMPENSES

7. Révolutionner la découverte de médicaments grâce aux organes humains sur puce , Pr. Donald Ingber, Wyss Institute, Harvard

Transcrivant une heure de discussion, l’interview de Pro Anima donne un aperçu de la carrière du Pr. Ingber, permettant d’en apprendre davantage sur la création du Wyss Institute, dont il est à l’origine, et sur la technologie des organes sur puces (OoC), ainsi que toutes les raisons qui font de cette technologie une “approche révolutionnaire pour mieux comprendre les maladies humaines et pour tester la toxicité de certaine médicaments”.

Parmi les passages phares de l’interview, le Pr. Ingber a notamment discuté du succès du foie sur puce d’Emulate dans la prévision des lésions hépatiques d’origine médicamenteuse, et des puces de moelle osseuse, de leur potentiel pour évaluer les effets secondaires des médicaments et ainsi contribuer à une médecine personnalisée.

Le chercheur a également souligné le besoin pour des méthodes alternatives robustes et la nécessité d’harmoniser globalement la qualité de qualification des techniques et de validation des critères. Il a également mentionné les obstacles récurrents à l’acceptation de ces nouvelles méthodes et les barrières sociales, notamment en toxicologie règlementaire. L’interview reflète d’un côté la vision positive et constructive du chercheur, et son enthousiasme au regard de l’évolution de la recherche biomédicale, ainsi que le potentiel des technologies d’organes sur puces (OoC).

Lire l’interview (par Pro Anima)

INDUSTRIES, BIOTECHS, PARTENARIATS

8. O&OoC en France : structuration du secteur dirigé par BioValley France et France Biotech

BioValley France, leader du secteur des Organoïdes et Organes sur puce (O&OoC) et représentant de Enosis Santé, représenté par Jean-Dominique Guitton, et France Biotech, représenté par Thibault Honegger, co-fondateur et PDG de NETRI, une start-up industrielle d’organe sur puce, joignent leurs forces pour construire et développer le Contrat de Filière Stratégique lié aux organoïdes et aux organes sur puce en France sur la période 2023 – 2026.

Cette alliance a été créée avec l’ambition de faire des propositions en faveur des technologies et de la transition réglementaire ; ceci, afin de construire un environnement propice au développement et à l’accueil de nouveaux projets. Son objectif : créer une force collective et proposer des actions concrètes pour animer et mettre en avant l’intérêt de structurer le secteur O&OoC.

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DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES & PROTOCOLES

9. Un modèle de cancer sur puce met en lumière l’impact de la mutation du gène APC pour la destruction des sphéroïdes cancéreux

Les chercheurs de l’Institut Pasteur ont utilisé un modèle de cancer-sur-puce pour suivre le mouvement individuel des Lymphocytes T lorsqu’ils attaquent les sphéroides cancéreux dans des gouttelettes d’hydrogel microfluidique.

Avec cette plateforme de cancer-sur-puce, ils ont pu évaluer l’impact de la mutation de la polypose adénomateuse coli (ou APC) sur la migration des Lymphocytes T cytotoxiques (CTL) et leur cytotoxicité contre les sphéroïdes tumoraux 3D.

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10. Du tissu cardiaque ex vivo pour avancer sur les traitements contre l’insuffisance cardiaque

Le professeur Thomas Thum, directeur à l’Institut de Stratégies de Thérapie Moléculaire et Translationnelle à la Hannover Medical School, mène depuis des années des recherches sur les micro-ARN (miRNAs). Dans leurs nouvelles études, le professeur et son équipe ont démontré pour la première fois les effets qu’entraînent l’inhibition de miR-21 dans les tissus d’un cœur humain. Ils ont utilisé une méthode impliquant des coupes de tissus myocardiques vivant (LMS).

À notre connaissance, c’est la première étude dans laquelle les effets de miR-21 ont été investigués directement sur du tissu cardiaque humain vivant” souligne Pr. Thum. Le modèle LMS a fait ses preuves en fournissant des preuves précliniques d’efficacité et devrait aussi contribuer à une réduction significative de l’expérimentation animale dans le futur.

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Lire la publication dans l’Oxford Academic / European Heart Journal (EN)

WEBINAIRES, ATELIERS, SYMPOSIUMS A VENIR

Événement en ligne, 17 avril : Hommage à Marty Stephens et à ses contributions pour la science sans animaux.

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