La Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) est l’autorité britannique de régulation des médicaments, des dispositifs médicaux et des composants sanguins destinés à la transfusion. Elle s’appuie rigoureusement sur la science et les données pour fonder ses décisions, favoriser l’innovation médicale et garantir que les médicaments et les produits de santé disponibles au Royaume-Uni sont sûrs et efficaces.
La MHRA vient de publier des lignes directrices concernant son approche vis-à-vis des médicaments développés à l’aide de méthodes ne recourant pas à l’expérimentation animale. En proposant un examen précoce des données non issues de l’expérimentation animale et en clarifiant la manière dont celles-ci seront évaluées, la MHRA vise à donner davantage confiance aux développeurs lorsqu’ils déposent des demandes d’autorisation de mise sur le marché fondées sur des données générées avec les NAM (Nouvelles Approches Méthodologiques). « Une voie réglementaire plus claire pour les médicaments développés sans expérimentation animale contribuera à accélérer la transition vers une science moderne et prédictive et soutiendra la stratégie du gouvernement visant à réduire et, à terme, à remplacer l’utilisation des animaux dans la recherche », déclare Julian Beach, directeur exécutif par intérim chargé de la qualité et de l’accès aux soins de santé de l’agence.
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L’industrie pharmaceutique indienne connaît une évolution rapide dans la manière dont les médicaments sont testés, à mesure que les méthodes non animales fondées sur la science passent de la théorie à la pratique. Un nouveau rapport multipartite indique que ces approches peuvent réduire de plus de moitié les délais de développement des médicaments et diminuer les coûts de 70 à 90 %, tout en respectant les normes réglementaires mondiales.
Les entreprises indiennes commencent déjà à s’adapter à cette évolution. Au sein des Dr Reddy’s Laboratories (DRL), les NAM sont intégrées dès les premières études toxicologiques et mécanistiques, tandis que d’importants ensembles de données issus d’études existantes sont combinés pour élaborer des modèles spécifiques à l’Inde. « Nous commençons à constater les avantages de cette approche », a déclaré Deepak Sapra, directeur général (CEO) de la division API et services de Dr Reddy’s. « D’autres entreprises, telles que Biocon et Sun Pharma, ont également manifesté un intérêt précoce, en particulier lorsque les NAM permettent clairement de réduire les délais ou de diminuer les risques réglementaires. »
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De nombreuses substances capables de provoquer des mutations du matériel génétique humain – en le modifiant de manière irréversible – sont présentes dans de nombreux produits d’usage quotidien. Des chercheur(e)s de l’Université Justus Liebig de Giessen(JLU) ont, pour la première fois, détecté des mutagènes et des substances cytotoxiques dans des aliments : viande, arômes de fumée, produits de soins personnels, et même dans l’eau.
Pour y parvenir, ils ont mis au point une nouvelle méthode de criblage permettant de déterminer la mutagénicité de substances individuelles au sein de mélanges complexes. « Contrairement aux tests in vitro utilisés auparavant, nous pouvons désormais analyser des échantillons complexes de manière fiable, rapide et économique. Grâce à la séparation planaire et à la détection par bioessai sur la même surface adsorbante, nous ne sommes plus confrontés à des contraintes telles que celles liées à la solubilité ou aux signaux parasites », explique le professeur Morlock, titulaire de la chaire de sciences alimentaires à la JLU.
L’ATCC propose désormais les modèles de l’Human Cancer Models Initiative (HCMI), qui comprennent à la fois des formes courantes et des formes rares et peu étudiées de cancer provenant de nombreux tissus. Ces modèles constituent des outils précieux pour étudier le cancer, identifier et cibler de nouveaux traitements, et faciliter la recherche translationnelle sur cette maladie. Afin d’accroître leur pertinence clinique, les données de séquençage et les informations cliniques relatives aux patient(e)s pour chaque modèle sont mises à la disposition de la communauté scientifique.
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Les modèles d’organoïdes reproduisent de nombreuses caractéristiques de la maladie in vivo et apportent un éclairage nouveau sur la diversité des interactions entre l’hôte humain et les microbes. Les organoïdes dérivés de cellules souches pluripotentes et tissulaires présentent un degré élevé de similitude avec les états physiologiques humains et possèdent de fortes capacités d’auto-organisation ; ils se sont révélés être des outils précieux pour le développement de nouvelles stratégies diagnostiques et de thérapies ciblées.
Dans le cadre d’une nouvelle collection inter-revues, les rédacteur(ice)s en chef de Communications Biology et de Nature Communications invitent les auteur(rice)s à soumettre des articles de recherche originale consacrés aux avancées récentes des modèles d’organoïdes dérivés de cellules souches pour l’étude des maladies infectieuses, ainsi qu’aux nouvelles perspectives sur les mécanismes pathologiques des infections humaines obtenues grâce à ces systèmes d’organoïdes dérivés de cellules souches.
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Drug Discovery News propose une liste de ressources clés autour des NAM : infographies, livres blancs, e‑book, guides technologiques, etc.
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F3OCI : accéder à la newsletter mensuelleCuri Bio, leader mondial dans le domaine des technologies de tissus 3D pertinents pour l’humain, et Battelle, la plus grande organisation indépendante à but non lucratif au monde dédiée à la recherche et au développement, ont annoncé un partenariat stratégique visant à commercialiser une technologie de test de nouvelle génération pour la jonction neuromusculaire.
Cette collaboration associe les systèmes microphysiologiques innovants de Curi Bio à la vaste infrastructure de Battelle, conforme aux bonnes pratiques de laboratoire (BPL), afin d’offrir une alternative pertinente pour l’humain aux méthodologies pharmacologiques traditionnelles.
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Xaira Therapeutics a annoncé le lancement de X‑Cell, son premier modèle de cellule virtuelle. Il s’agit d’un modèle linguistique de diffusion comportant 4,9 milliards de paramètres, conçu pour prédire la manière dont les cellules réagissent à des perturbations génétiques, y compris dans des contextes biologiques non rencontrés lors de l’entraînement du modèle. X‑Cell est entraîné sur X‑Atlas/Pisces, qui, selon Xaira, est le plus grand ensemble de données CRISPRi Perturb-seq jamais rapporté à l’échelle du génome et le plus diversifié en termes de contexte.
Xaira a vu le jour en avril 2024 avec un financement de plus d’un milliard de dollars, sous la direction de son PDG Marc Tessier-Lavigne et cofondée par le lauréat du prix Nobel David Baker. La feuille de route de Xaira prévoit l’extension de X‑Atlas aux cellules primaires, aux types cellulaires dérivés de cellules iPS, aux organoïdes et aux perturbations in vivo. Les applications en aval telles que l’identification de cibles, le mécanisme d’action, la stratification des patient(e)s et la prédiction de la toxicité restent toutes hypothétiques à ce stade, mais les bases de données et les modèles nécessaires à leur validation sont désormais en place.
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Les agents IA s’imposent comme des outils révolutionnaires dans la découverte de médicaments, grâce à leur capacité à raisonner, agir et apprendre de manière autonome dans le cadre de processus de recherche complexes. S’appuyant sur de grands modèles linguistiques et des outils spécialisés, ces systèmes sont capables d’intégrer des données biomédicales, d’exécuter des tâches, de mener des expériences et d’affiner leurs hypothèses de manière itérative.
Un nouvel article propose une vue d’ensemble conceptuelle des architectures d’IA agentique et illustre leurs applications à toutes les étapes clés de la découverte de médicaments, notamment la synthèse de la littérature, la génération automatisée de protocoles, la prédiction de la toxicité, la synthèse de petites molécules, la réorientation thérapeutique et la prise de décision. Les premières mises en œuvre démontrent des gains substantiels en termes de rapidité, de reproductibilité et d’évolutivité. Les auteur(rice)s abordent les défis liés à l’hétérogénéité des données, à la fiabilité des systèmes, à la confidentialité et à l’évaluation comparative, et esquissent les orientations futures de cette technologie au service de la science et de la recherche translationnelle.
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La cardiotoxicité — en particulier l’arythmie — est depuis longtemps l’une des principales causes d’échec des candidats-médicaments au cours de leur développement, ce qui rend les essais de sécurité cardiaque essentiels pour l’obtention de l’autorisation réglementaire et la protection des patient(e)s. Les évaluations actuelles suivent les lignes directrices ICH S7B/E14, en utilisant des tests in vitro et des approches in vivo pour estimer le risque d’événements cardiaques dangereux. Si ces méthodes contribuent à empêcher la mise sur le marché de médicaments dangereux, elles s’appuient sur des marqueurs indirects dont la précision prédictive est limitée et peuvent conduire au rejet de composés potentiellement sûrs.
Les NAM — telles que les technologies organ-on-chip et les méthodes computationnelles, notamment l’intelligence artificielle — offrent des alternatives plus proches de la réalité humaine et potentiellement plus précises. Ces nouvelles méthodologies pourraient transformer les pratiques réglementaires, en améliorant la prévision des risques tout en réduisant le recours à l’expérimentation animale.
Lire l’article dans le NAM Journal (EN)
Le diabète a un impact significatif – mais pas encore pleinement compris – sur la santé osseuse, entraînant une fragilité accrue que les modèles actuels in vitro et sur le modèle animal ne parviennent pas à reproduire fidèlement. Bien que les organoïdes aient connu des progrès rapides en tant qu’outils d’étude de la biologie humaine et des maladies, les organoïdes osseux restent relativement peu développés par rapport à ceux destinés à d’autres tissus, ce qui freine les avancées dans ce domaine.
Les organoïdes osseux peuvent être créés par auto-assemblage cellulaire ou en utilisant des échafaudages cellulaires ; ces deux approches permettent de reproduire les caractéristiques essentielles de l’os naturel, telles que sa structure et sa complexité cellulaire. Une nouvelle revue met en lumière les progrès récents dans le développement des organoïdes osseux et prend comme exemple clé le diabète pour montrer comment des modèles de nouvelle génération pourraient mieux rendre compte des mécanismes pathologiques et favoriser la mise au point de traitements plus efficaces.
Lire la revue dans Advanced Science
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