Charles River Laboratories International a publié les résultats d’une analyse rétrospective démontrant que les groupes témoins virtuels (Virtual Control Groups, VCG) permettent de préserver l’intégrité scientifique tout en réduisant le recours aux modèles animaux. Cette étude a examiné 20 études toxicologiques dans lesquelles les groupes témoins simultanés avaient été remplacés par des VCG sélectionnés avec soin, et a comparé les résultats au niveau des décisions prises dans le cadre de l’étude et des critères d’évaluation détaillés. Une concordance de 100 % a été observée concernant la dose sans effet nocif observé dans l’ensemble des études, et les conclusions principales des études sont restées inchangées.
« En combinant des décennies de données historiques sélectionnées avec des analyses avancées, les VCG nous permettent de réduire l’utilisation d’animaux tout en préservant le plus haut niveau d’engagement envers la validité scientifique », a déclaré le Dr Namandjé N. Bumpus, Directrice scientifique et de l’innovation chez Charles River. En parallèle de cette analyse et pour rappel, l’EMA mène actuellement une consultation sur les groupes de contrôle virtuels (VCG) afin de contribuer à réduire l’utilisation d’animaux dans le développement des médicaments.
Lire l’article dans Regulatory Toxicology and Pharmacology (EN)
Dans un nouvel article de synthèse, Tsung Tan, Manager chez Primetech Corporation, soutient que la principale limite de la découverte de médicaments basée sur l’IA n’est pas l’IA elle-même, mais la compréhension encore limitée de la biologie humaine. Certaines données suggèrent que nous ne comprenons qu’environ 10 à 15 % de la biologie humaine, les taux élevés d’échec des essais cliniques et la lenteur des progrès pharmaceutiques montrent que l’IA ne peut qu’augmenter les connaissances existantes — elle ne peut pas combler le manque de connaissances biologiques.
L’article s’appuie sur l’exemple d’Insilico Medicine et son médicament rentosertib, découvert grâce à l’IA, comme la preuve la plus solide à ce stade que l’IA peut contribuer à faire passer les médicaments de la découverte à la validation clinique. Cependant, si l’IA améliore déjà la recherche préclinique, le véritable test consistera à déterminer si les médicaments découverts grâce à l’IA surpasseront les médicaments traditionnels lors des essais de phase III au cours des 5 à 10 prochaines années. D’ici là, l’optimisme et le scepticisme restent tous deux provisoires.
Le programme ISTAND de la FDA, destiné à valider les Nouvelles Approches Méthodologiques (NAM), a rendu ses conclusions concernant 25 technologies innovantes. Voici quelques mises à jour notables :
ISTAND connaît une maturation et une accélération rapides, élargissant ainsi le potentiel des NAM et consolidant fermement la position des États-Unis en tant que leader dans ce domaine.
Les biobanques institutionnelles constituent une infrastructure essentielle pour soutenir la recherche clinique, la recherche translationnelle et la préparation en matière de santé publique. Cependant, de nombreuses biobanques dépendent de subventions institutionnelles ou de financements par des subventions instables, ce qui les expose à une vulnérabilité financière à long terme.
La Biobanque de Johns Hopkins, qui opère au sein de la Genetic Resources Core Facility (GRCF) – une structure regroupant plusieurs divisions –, offre un exemple concret de modèle financièrement viable pour les biobanques universitaires. Ce cas montre comment l’alignement des activités de biobanque sur les structures des centres de services institutionnels peut renforcer la viabilité financière, améliorer la responsabilité et favoriser l’accès à long terme à des échantillons biologiques de haute qualité dans le cadre de l’infrastructure de recherche en santé publique. En France, il existe l’initiative de FrBioNet, qui vise à cartographier les collections de ressources biologiques sur le territoire.
La 9e Conférence internationale Virtual Physiological Human (VPH2026) se tiendra à Milan du 1er au 4 septembre 2026. À cette occasion, Maurice Whelan, Directeur adjoint du Centre commun de recherche (Joint Research Center, JRC) de la Commission européenne et chef de l’unité de toxicologie des systèmes, présentera un exposé intitulé : « Tirer le meilleur parti de la modélisation computationnelle au service de la santé et de la société dans l’Union Européenne (UE) ». Son intervention explorera comment les modèles computationnels (in silico) peuvent mieux soutenir la prise de décision, renforcer les cadres réglementaires et avoir un impact réel sur la santé et la société.
Travaillant à l’interface entre la science et la politique, et transposant des méthodes innovantes dans les pratiques réglementaires à travers l’Europe, Maurice Whelan dirige également l’EURL ECVAM, le laboratoire de référence de l’UE chargé de promouvoir le développement d’approches sans recours à l’expérimentation animale pour l’évaluation de la sécurité chimique.
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Pouvez-vous, ou votre organisation, fournir les services scientifiques, logistiques ou d’appui dont l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a besoin ? L’EFSA a recours à des services et des fournitures par le biais d’appels d’offres publics, conformément à la législation de l’UE et aux principes fondamentaux de transparence, d’égalité de traitement et de non-discrimination, de concurrence la plus large possible, de proportionnalité et de bonne gestion financière.
Parmi ces appels, certains concernent les NAM, tels que : l’Évaluation des biomarqueurs humains liés au microbiome et des modèles in vitro pour l’évaluation des risques liés aux xénobiotiques ou l’Utilisation des données issues de la biosurveillance humaine (HBM) dans l’évaluation des risques chimiques de l’EFSA. Pour plus d’informations sur les modalités de candidature aux appels à propositions de l’EFSA et sur certaines des opportunités scientifiques proposées par l’EFSA pour 2026, vous trouverez de plus amples renseignements ici (replay de webinaire).
Le projet européen PARC organise la deuxième édition de la formation à distance intitulée « Exercises on results of in silico models and read-across using VEGAHUB – Examples related to cosmetics and ecotoxicological and environmental properties », poursuivant ainsi sa série de formations pratiques axées sur l’interprétation et l’application concrètes des outils in silico à l’aide de la plateforme VEGAHUB.
Cette formation s’adresse aux chercheur(e)s et aux évaluateur(rice)s de risques de niveau intermédiaire ayant une expérience préalable de la modélisation in silico. Il s’agit d’une formation en ligne gratuite dispensée sur deux jours, comprenant quatre sessions au total. La formation aura lieu les 18 et 19 mai 2026, avec des sessions le matin et l’après-midi. Le cours est coordonné par l’Istituto Mario Negri (IRFMN), en Italie.
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Consultez notre interface d’appelsLa toxicité gastro-intestinale (GI) d’origine médicamenteuse figure parmi les causes les plus courantes de limitations posologiques et d’abandon des essais cliniques à un stade avancé. Pourtant et depuis longtemps, les équipes chargées de la sécurité des médicaments ne disposaient pas d’un outil in vitro fiable et évolutif permettant de détecter les risques GI dès les premières phases de la recherche.
InSphero, leader dans le domaine des systèmes d’organe-sur-puce, a récemment annoncé le lancement commercial de la plateforme 3D InSight™ Drug-Induced Gastrointestinal Toxicity (DIGIT), une solution de criblage standardisée à haut débit destinée à l’évaluation précoce des risques GI dans la recherche pharmaceutique. Les principales caractéristiques de la plateforme comprennent : des organoïdes de l’intestin grêle dérivés de patient(e)s reproduisant l’architecture épithéliale native, une exécution mensuelle standardisée par lots, une imagerie automatisée, des valeurs IC₅₀ prêtes à l’emploi pour la prise de décision, et plus encore.
Les cancers solides restent l’une des principales causes de décès dans le monde ; bon nombre de ces maladies sont considérées comme incurables ou ne disposent pas d’options thérapeutiques efficaces. Bien que la thérapie par cellules T à récepteurs antigéniques chimériques (CAR) constitue une avancée majeure dans le traitement des cancers du sang, cette approche thérapeutique se heurte à des obstacles importants dans le cas des tumeurs solides, notamment des microenvironnements immunosuppresseurs, une infiltration limitée des cellules T et des mécanismes de résistance qui limitent son efficacité.
Afin d’étudier comment les cellules CAR‑T atteignent et attaquent les tumeurs solides, les chercheur(e)s de MIMETAS ont mis au point un modèle 3D de tumeur-sur-puce qui associe des cellules tumorales issues de patient(e)s à un réseau vasculaire perfusé, à une matrice extracellulaire (MEC) et à des compartiments immunitaires et stromaux personnalisables, afin d’évaluer la migration et la capacité de destruction des cellules CAR‑T. Ce modèle physiologiquement pertinent permet un suivi, une évaluation et une optimisation précis des thérapies par cellules CAR‑T dans les tumeurs solides – du trafic et de l’infiltration à la cytotoxicité.
Les maladies neurodégénératives (MND) constituent un ensemble hétérogène d’affections incurables et invalidantes dont la prévalence n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Les modèles actuels — in vitro ou in vivo — ne parviennent pas à reproduire fidèlement la physiopathologie des MND, ce qui les rend moins pertinents sur le plan physiologique.
Des modèles 3D in vitro sont en cours de développement, mieux adaptés pour reproduire les caractéristiques spécifiques des maladies neurodégénératives. Une revue exhaustive offre un aperçu détaillé des systèmes de culture 3D à base d’hydrogels et de cryogels, en comparant leurs caractéristiques structurelles, leur conception mécanique et leur biofonctionnalité, ainsi que leur capacité à imiter les processus pathologiques complexes qui se produisent lors de la neurodégénérescence. En évaluant de manière critique leurs avantages et leurs limites, les auteur(e)s soulignent leur pertinence physiologique globale en ce qui concerne la compréhension des maladies neurodégénératives.
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La batterie de tests in vitro sur la neurotoxicité développementale (DNT IVB)permet une évaluation efficace et pertinente pour l’humain du potentiel de neurotoxicité développementale des substances chimiques.
Afin d’étendre son champ d’application biologique aux maladies humaines, une nouvelle étude établit une correspondance entre les voies de signalisation liées aux troubles neurodéveloppementaux (NDD) et les processus clés du développement neurologique à l’aide de cellules progénitrices neurales fœtales humaines primaires (NPC). Définir quelles voies NDD peuvent être étudiées sur le plan fonctionnel permet d’affiner le domaine d’applicabilité biologique de la DNT IVB, renforce la confiance dans son pouvoir protecteur et soutient l’interprétation mécaniste de l’évaluation de la DNT basée sur une NAM.
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Les ingrédients susceptibles d’agir comme sensibilisants cutanés présentent des seuils d’induction très variables, et peuvent être utilisés en toute sécurité si leur potentiel est bien caractérisé. À cette fin, l’industrie des parfums a participé à l’élaboration de l’évaluation quantitative des risques (QRA). Historiquement, la QRA repose sur une approche fondée sur le poids de la preuve, qui s’appuie sur des données issues de l’expérimentation animale, des essais de confirmation chez l’humain et l’extrapolation.
Afin de permettre une approche reposant exclusivement sur les NAM, l’initiative International Dialogue for the Evaluation of Allergens (IDEA) a élaboré une liste de référence élargie intégrant des données humaines et animales pour établir des Potency Values (PV). Dans une nouvelle étude, les chercheur(e)s ont utilisé les PV pour évaluer la pertinence des NAM quantitatifs afin de dériver un point de départ (NAM-Point-of-Departure, PoD) pour l’évaluation de la puissance de sensibilisation cutanée. L’évaluation du NAM-PoD indique que la puissance de sensibilisation des substances chimiques utilisées dans les parfums peut être prédite de manière fiable à l’aide de chacune de ces approches.
Lire l’article dans Regulatory Toxicology and Pharmacology(EN)
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