Premiers médicaments au monde dérivés d’iPSC en voie d’approbation au Japon, ERA Act, Nouveau centre high-tech de Roche, Organoïdes de moelle épinière humaine, et plus encore

Actus des méthodes non-animales


Actus des méthodes non-animales
23 - 27 FÉVRIER 2026
Premiers médicaments au monde dérivés d’iPSC en voie d’approbation au Japon, ERA Act, Nouveau centre high-tech de Roche, Organoïdes de moelle épinière humaine, et plus encore

NEWS, RAPPORTS, PRISES DE POSITION

1. Japon : deux médicaments dérivés d’iPSC en voie d’approbation

Le Japon, par l’intermédiaire d’un comité du ministère de la Santé, soutient les premières recommandations d’approbation positives pour deux thérapies cellulaires allogéniques (provenant de donneurs-euses) dérivées de cellules souches pluripotentes induites (iPSC), une première mondiale.

Il s’agit de ReHeart, développé par la start-up Cuorips, issue de l’université d’Osaka, destiné aux patient(e)s souffrant d’insuffisance cardiaque sévère, et d’Amchepry, développé par Sumitomo Pharma et Racthera, indiqué dans le traitement de la maladie de Parkinson. ReHeart utilise des feuillets de muscle cardiaque dérivés d’iPSC humaines, appliqués à la surface du cœur pour favoriser la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et la récupération de la fonction cardiaque. Amchepry utilise des cellules iPC différenciées en progéniteurs neuronaux dopaminergiques, injectées dans le cerveau des patient(e)s ; montrant une libération de dopamine et des améliorations de la fonction motrice.

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2. La consultation publique sur l’Espace Européen de la Recherche s’est clôturée avec une forte mobilisation des parties prenantes

La Commission européenne a clôturé la consultation publique sur la loi relative à l’Espace européen de la recherche (ERA pour European Research Area) le 23 janvier 2026. Cette consultation a suscité un vif intérêt en Europe et au-delà. Au total, 735 contributions et 117 documents de position ont été soumis, avec des réponses provenant des 27 États membres de l’UE, de 8 pays associés à Horizon Europe et de 15 pays tiers. La participation a été particulièrement élevée parmi les établissements d’enseignement supérieur et de recherche (45 %), suivis par les citoyen(ne)s de l’UE (24 %).

Ekaterina Zaharieva, Commissaire européenne aux startups, à la recherche et à l’innovation, a déclaré : « L’Europe ne peut se permettre un système de recherche fragmenté ou freiné par les frontières. Notre objectif est d’offrir aux chercheur(e)s et aux innovateur(rice)s la liberté et les conditions nécessaires à leur réussite partout en Europe. La forte mobilisation suscitée par cette consultation témoigne d’un soutien clair à cette orientation et influencera directement les prochaines étapes de cette initiative. »

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3. Bilan d’ECETOC 2024 : Renforcer la confiance dans l’intégration de l’IA à l’évaluation des risques chimiques

L’intelligence artificielle (IA) influence de plus en plus l’évaluation des risques chimiques (CRA pour Chemical Risk Assessment), permettant des évaluations plus rapides, plus complètes et potentiellement plus éthiques. En octobre 2024, ECETOC a organisé un workshop international réunissant des expert(e)s du monde universitaire, de l’industrie et des organismes de réglementation. L’objectif était de revenir sur les défis historiques liés à l’intégration des technologies omiques multidimensionnelles dans la réglementation des produits chimiques et d’explorer les capacités actuelles et le potentiel futur de l’IA en toxicologie et en sciences réglementaires. 

Parmi les principaux enseignements tirés des présentations et des discussions en groupes de travail : l’IA améliore, mais ne remplace pas encore, le jugement humain dans l’évaluation des risques ; les IA générative et prédictive offrent des fonctions complémentaires en toxicologie ; les cadres de gouvernance doivent évoluer rapidement pour suivre le rythme du développement de l’IA, en particulier pour les modèles génératifs ; Les enseignements tirés de l’analyse des données omiques et de leur acceptation réglementaire peuvent éclairer l’intégration et l’acceptation responsables de l’IA…

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INTERVIEWS, NOMINATIONS, RÉCOMPENSES

4. Interview : Comment la pathologie numérique et l’IA contribuent à la validation des modèles in vitro complexes

L’une des nouveautés les plus marquantes du congrès DP&AI (Digital Pathology and AI Congress): Europe 2025 concernait les modèles in vitro complexes (CIVM). Lors d’une présentation captivante, Luisa Bell, chercheure en neuropathologie chez Roche, a démontré comment les CIVM offrent une opportunité sans précédent d’améliorer la translation préclinique-clinique en générant des données mécanistiques de haute qualité dans des modèles in vitro humains. Avec sa collègue Nadine Stokar, elle a présenté une nouvelle approche de pathologie numérique pour les tests de toxicité précliniques utilisant des organoïdes de barrière hémato-encéphalique (BHE).

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5. FNIH : Sélection de projets pilotes pour les NAM

La Fondation pour les NIH (FNIH) a sélectionné quatre plateformes de recherche innovantes, centrées sur l’humain, en vue de leur développement en projets pilotes. Ces projets pilotes contribueront à l’avancement des NAM (Nouvelles Approches Méthodologiques) par le biais du Réseau de Validation et de Qualification (VQN pour Validation & Qualification Network), partenariat public-privé actuellement en phase de conception.

Les quatre projets pilotes visent à valider et à qualifier les NAM sélectionnées selon les normes et processus nationaux et internationaux existants : neurotoxicité développementale ; toxicité orale aiguë ; toxicité par inhalation ; risque de naissance prématurée. Le FNIH va maintenant constituer des équipes de développement de projet – comprenant des partenaires clés des secteurs public et privé (gouvernement, universités, entreprises des sciences de la vie, etc.) – afin de valider chaque plateforme.

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OUTILS, PLATEFORMES, APPELS

6. Innovate UK : Financer les modèles alternatifs pour le développement de médicaments

Le Royaume-Uni accélère une transition majeure, délaissant l’expérimentation animale au profit d’approches de développement de médicaments pertinentes pour l’humain et technologiquement avancées. Afin de concrétiser cette ambition nationale, Innovate UK, en partenariat avec le Centre national britannique des 3R (NC3Rs), lance un concours en deux phases qui vise à développer la prochaine génération de tests pharmacocinétiques/ pharmacodynamiques et de sécurité cardiovasculaire validés, sans recours aux animaux, et à positionner les innovateurs britanniques sur un marché mondial en pleine expansion.

La phase 1, qui débutera le 2 mars prochain, sera axée sur le développement de la faisabilité technique et commerciale : production de données préliminaires, perfectionnement des méthodes et présentation d’une stratégie crédible pour une adoption plus large. La phase 2 soutiendra quant à elle les projets les plus prometteurs afin de les accompagner dans leur développement et leur application concrète.

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7. Lancement de la Collection CoARA : Une bibliothèque d’outils de réforme gérée par la communauté

En tant que coalition fondée sur l’action collective et l’apprentissage mutuel, les principales communautés de la Coalition to Advance Research Assessment (CoARA), notamment les groupes de travail, les sections nationales et les bénéficiaires du financement Cascade, ont développé des outils et des ressources au cours des trois dernières années, depuis le lancement de CoARA. Ces ressources constituent le socle de la Collection CoARA : une bibliothèque de ressources gérée par la communauté qui regroupe des outils destinés à accompagner les institutions dans leurs démarches de réforme, en concrétisant les engagements de CoARA.

Présentée pour la première fois aux membres lors de l’Assemblée générale de CoARA en décembre 2025, la Collection est désormais accessible à l’ensemble de la communauté de recherche. Elle rassemble les premiers résultats élaborés par les groupes de travail de CoARA, ainsi que des ressources fondamentales de tiers qui ont éclairé l’Accord sur la réforme de l’évaluation de la recherche (ARRA). La Collection CoARA comprend des documents de politique opérationnelle et des documents d’analyse factuelle.

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INDUSTRIES, BIOTECHS, PARTENARIATS

8. Roche inaugure un nouveau centre d’innovation de haute technologie en Bavière

Roche ouvre à Penzberg l’un des centres de développement de diagnostics les plus modernes au monde, axé sur les données, automatisé et durable. Depuis le début des travaux en février 2022, Roche a investi près de 300 millions d’euros dans ce nouveau bâtiment de 23 000 m². Ce bâtiment de haute technologie s’inscrit dans la stratégie d’investissement à long terme de Roche en Allemagne.

Dans ce nouveau centre, Roche travaille sur des diagnostics in vitro de pointe pour la neurologie (notamment la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques), les maladies cardiovasculaires et les maladies infectieuses, ainsi que sur des procédures de test spécifiques ayant pour visée la médecine personnalisée. « Notre investissement à Penzberg témoigne de notre engagement envers l’Allemagne en tant que pôle économique et scientifique », déclare Thomas Schinecker, PDG du groupe Roche. « En accélérant la commercialisation des résultats de la recherche, nous contribuons concrètement à renforcer la compétitivité de l’Europe. »

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DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES & PROTOCOLES

9. Un traitement contre la paralysie guérit des organoïdes de moelle épinière humaine cultivés en laboratoire

Les lésions de la moelle épinière peuvent entraîner une paralysie irréversible et une perte de sensibilité, mais la transposition des thérapies précliniques en applications cliniques reste un défi. Des scientifiques de l’Université Northwestern ont mis au point le modèle d’organoïde le plus avancé à ce jour pour les lésions de la moelle épinière humaine. 

Pour la première fois, les scientifiques ont démontré que les organoïdes de moelle épinière humaine peuvent reproduire fidèlement les principaux effets d’une lésion médullaire, notamment la mort cellulaire, l’inflammation et la gliose. Les modèles d’organoïdes de moelle épinière humaine développés dans cette nouvelle étude pourraient accélérer la découverte de thérapies pour traiter les lésions médullaires graves et, potentiellement, les lésions d’autres tissus du système nerveux central dues à un traumatisme ou à une maladie.

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10. Etudier la dystrophie musculaire de Duchenne avec des organoïde cardiaque 3D bio-imprimé dérivé de patient(e)s

La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie génétique caractérisée par une dégénérescence musculaire progressive qui réduit considérablement la qualité et l’espérance de vie des patient(e)s. Actuellement, la cardiomyopathie représente la principale cause de décès aux stades avancés de la maladie. Bien que la dysrégulation du calcium, la fibrose et les dépôts de graisse soient des caractéristiques bien documentées des cardiomyopathies associées à la DMD, les mécanismes pathogéniques exacts restent mal compris en raison du manque de modèles fiables.

Dans une étude récente, des chercheur(e)s ont développé des organoïdes cardiaques 3D (OC) à partir de cellules souches pluripotentes induites dérivées de patient(e)s atteint(e)s de DMD (DMD-hiPSCs). Au 15e jour de différenciation cardiaque, les DMD-OC présentaient des caractéristiques clés de la maladie, et au 14e jour après la bio-impression, les organoïdes ont présenté une augmentation de la mort cellulaire et une dérégulation de l’expression des marqueurs cardiaques et fibrotiques, imitant la cardiomyopathie associée à la DMD. Cette étude démontre le potentiel des CO et des CO bio-imprimés comme outils d’étude de la cardiomyopathie associée à la DMD et pour le développement de traitements médicamenteux.

Lire l’article dans Advanced Healthcare Materials (EN)

11. Maladie de Parkinson : Les organoïdes striataux spécifiques aux patient(e)s présentent des signes d’inflammation accrue

Dans la maladie de Parkinson (MP), les terminaisons des neurones dopaminergiques dégénèrent dans le striatum, entraînant une déplétion en dopamine. Cette déplétion provoque des altérations des circuits des ganglions de la base, essentiels au contrôle moteur. Cependant, les mécanismes de cette dégénérescence des terminaisons neuronales dopaminergiques dans le striatum restent encore mal compris.

Le gène LRRK2 est fortement exprimé dans le striatum, et la mutation LRRK2-G2019S est l’une des mutations les plus fréquemment associées à la MP. Une étude récente a examiné les différences phénotypiques entre des organoïdes striataux sains et des organoïdes striataux de patient(e)s porteur(se)s de la mutation LRRK2-G2019S et a révélé que les organoïdes du striatum reproduisent de manière autonome les phénotypes inflammatoires liés à la MP, indépendamment de l’apport dopaminergique.

Lire l’article dans la revue Movement Disorders (EN)

A NE PAS MANQUER

Réponse de CoARA à la consultation sur l’ERA (EN)

Sondage de Mimetas sur la principale limite des modèles vasculaires in vitro (EN)

Offre d’emploi : organ3D, une nouvelle plateforme de recherche translationnelle de pointe à KU Leuven, recrute un(e) responsable Recherche et Opérations (EN)

EFPIA : Analyse comparative des stratégies biopharmaceutiques dans 10 pays (EN)

WEBINAIRES, ATELIERS, SYMPOSIUMS A VENIR

WEB’BIOMAT 1 : « De la recherche académique à l’entrepreneuriat deeptech : Concevoir des biomatériaux protéiques de nouvelle génération pour l’administration de médicaments à action prolongée ». 4 mars 2026 – 13 h CEST (en ligne). S’inscrire

Webinaire de l’EMA : « Utilisation des plateformes technologiques dans les domaines non cliniques et cliniques ». 2 mars 2026 – 9h25 à 12h15 CET (en ligne). S’inscrire

 

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