Au-delà de leurs avantages scientifiques et éthiques, les Nouvelles Approches Méthodologiques (NAM) sont souvent présentées comme une alternative potentiellement rentable aux approches conventionnelles. Toutefois, pour évaluer leur valeur économique, il faut aller au-delà du coût des expériences individuelles et prendre en compte les investissements initiaux, les défis liés à leur mise en œuvre, leur acceptation par les autorités réglementaires et leur potentiel d'amélioration de l'efficacité de la recherche.
Un nouvel article publié sur le site web du Toxicology Policy Lab de l’université Johns Hopkins explore les opportunités et les défis économiques liés à la transition vers les NAM, en examinant si ces technologies peuvent réduire les coûts de recherche et développement, éviter des échecs coûteux et générer des avantages financiers à long terme. Il examine également le rôle des évolutions réglementaires et des investissements publics dans l'accélération de leur adoption, en soulignant pourquoi leur valeur économique devrait, en fin de compte, être mesurée non pas simplement en fonction de leur coût, mais en fonction de la qualité et de la pertinence des informations scientifiques qu'elles génèrent.
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La Coalition to illuminate and Address Animal Method Bias (COLAAB) vient d’annoncer que, sous la direction de son rédacteur en chef, Michael D. Coleman, la revue Environmental Toxicology and Pharmacology vient de mettre à jour ses objectifs et son champ d’application afin de mieux soutenir les soumissions basées sur des NAM — et de contribuer à prévenir les biais liés aux méthodes animales. Il s’agit de la deuxième revue à prendre des mesures concrètes sur ce sujet, suivant ainsi l’exemple de la revue Toxicology en juillet dernier.
« Bien que la revue Environmental Toxicology and Pharmacology reconnaisse que les études sur les animaux restent une composante intrinsèque de la recherche scientifique, elle privilégie fortement les articles proposant de nouvelles approches fondées sur l’humain et sur des simulations in silico (appelées « NAM »). Bien entendu, tous les articles soumis seront évalués conformément aux meilleures pratiques scientifiques en vigueur, mais il est important de noter que Environmental Toxicology and Pharmacology n’exige pas de validation des NAM par des essais sur les animaux. »
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Sous la direction de Marc Ferrer au NCATS et de Darlene Dixon, à l’Institut national des sciences de la santé environnementale (NIEHS), le centre de développement technologique « 3D MultiOrgan Models of Fibrosis » (3D-MOFIB), financé par un investissement de 150 millions de dollars des NIH dans le cadre du programme Complement-ARIE, développe des modèles basés sur des cellules humaines afin de mieux comprendre les maladies fibrotiques et d’accélérer la découverte de traitements potentiels.
Marc Ferrer, directeur du laboratoire de bio-impression tissulaire en 3D des NIH, a souligné l’importance de trouver des traitements contre la fibrose. « Les maladies fibrotiques sont à l’origine d’une morbidité et d’une mortalité élevées dans le monde entier. Elles touchent de nombreuses personnes — près d’une personne sur quatre. Il n’existe que quelques traitements approuvés qui ciblent les causes sous-jacentes de la cicatrisation tissulaire, et ceux-ci ne sont pas efficaces pour toutes les maladies fibrotiques. »
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La transition vers l'évaluation des risques de nouvelle génération (NGRA) et le recours accru aux NAM nécessitent des infrastructures de connaissances solides, capables d'intégrer diverses données expérimentales et de calcul dans des flux de travail transparents, reproductibles et conformes aux exigences réglementaires. Cependant, les données toxicologiques restent très fragmentées entre des sources hétérogènes, ce qui limite l'interopérabilité, la réutilisation et le développement de modèles prédictifs.
Un nouvel article décrit la conception, la mise en œuvre et le déploiement d’une infrastructure de données et connaissances conforme aux principes FAIR (Findable, Accessible, Interpretable and Reproducible), développée dans le cadre du projet RISK-HUNT3R, afin de soutenir la gestion intégrée des données, la modélisation computationnelle et l’évaluation des risques fondée sur des mécanismes. Ces travaux démontrent comment une telle infrastructure, conforme aux principes FAIR, peut améliorer la toxicologie computationnelle en renforçant la qualité, l’interopérabilité et la reproductibilité des données, tout en fournissant une base évolutive permettant d’intégrer les NAM, l’intelligence artificielle (IA) et la modélisation mécanistique dans l’évaluation de la sécurité de nouvelle génération.
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Du 29 septembre au 2 octobre 2026, le Forum européen de la santé de Gastein (EHFG) a organisé une conférence hybride à Gastein et en ligne sur le thème « La santé pour une Union européenne plus forte ».
La session intitulée « Securing Europe’s access to future medical breakthroughs » a réuni des décideurs politiques, des représentant(e)s des patient(e)s et du secteur privé afin de discuter des choix à opérer pour renforcer la position de l'Europe dans le domaine de la recherche médicale et veiller à ce que les patient(e)s bénéficient de l'innovation.
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Un nouvel avis d'appel à projets (NOFO) des NIH a récemment été publié. L'appel à projets RFA-AI-28-012, intitulé « Translational Centers Using Microphysiological Systems for Infectious Diseases », vise à mettre en place un consortium de centres de recherche spécialisés qui utilisent des systèmes microphysiologiques (MPS) à base de cellules humaines pour modéliser les maladies infectieuses et accélérer le développement d'interventions médicales.
Ouvert aux organisations américaines à but lucratif, à but non lucratif et gouvernementales, cet appel s’inscrit dans le cadre des récentes initiatives des NIH et de la FDA en matière de NAM. Les centres perfectionneront les modèles tissulaires humains validés pour l’étude des maladies infectieuses pour favoriser leur adoption par les développeurs de produits et leur acceptation par les autorités réglementaires. Les candidatures seront acceptées du 29 décembre 2026 au 29 janvier 2027 ; les projets financés devraient démarrer en janvier 2028. La durée maximale des projets est de 5 ans.
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Boehringer Ingelheim et Microsoft ont annoncé une collaboration stratégique visant à utiliser l'IA pour contribuer à mettre plus rapidement à la disposition des patient(e)s des traitements sûrs et efficaces. Cette collaboration porte principalement sur la recherche conjointe concernant le potentiel des « jumeaux numériques de patient(e)s » — des représentations générées par ordinateur de patient(e)s individuel(le)s.
Ce partenariat prévoit également la modernisation des infrastructures de sécurité et des centres de données, contribuant ainsi à la mise en place d'une base technologique sécurisée, résiliente et évolutive, propice aux innovations fondées sur l'IA. Ensemble, les deux entreprises exploreront des projets de développement potentiels dans d'autres domaines, notamment la santé animale, les processus métier et les infrastructures technologiques.
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Deux études montrent comment la technologie « organ-on-a-chip » permet de relever ces défis dans le domaine de la recherche sur la santé reproductive féminine et masculine. En associant des tissus humains à des dispositifs reproduisant l'environnement naturel du corps, les chercheur(e)s ont mis au point des modèles plus réalistes des systèmes reproducteurs féminin et masculin.
La première étude, menée par des chercheur(e)s de l'université de Gachon (Incheon, Corée du Sud) et de la Faculté de médecine de l’Université Hallym (Chuncheon, Corée du Sud), a décrit une puce ovaire-endomètre qui reproduit la communication entre l’ovaire et l’utérus. La deuxième étude, menée par des chercheurs de l’Université médicale navale (Shanghai, Chine) et de l’Université de Nanjing (Nanjing, Chine), s’est attaquée à un autre défi de longue date en médecine reproductive : maintenir en bonne santé du tissu testiculaire humain hors du corps afin d’étudier la biologie reproductive masculine. Ils ont mis au point un « testicule-sur-puce » humain qui fournit en continu des nutriments et de l’oxygène au tissu testiculaire humain tout en éliminant les déchets, imitant ainsi de près la circulation sanguine dans le corps.
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La création de modèles d'organoïdes fidèles reste un défi, en particulier pour des maladies telles que le glioblastome (GBM), un cancer du cerveau agressif et résistant aux traitements, caractérisé par un microenvironnement immunosuppresseur.
Une nouvelle étude fait état de la mise au point d’un modèle pathologique amélioré destiné au criblage de médicaments et aux études mécanistiques, dans le but d’optimiser les traitements du GBM. La culture d’organoïdes de GBM dans les conditions de microgravité de la Station spatiale internationale entraîne des modifications au niveau du transcriptome, du protéome, de l’organisation spatiale et de la morphologie, qui permettent aux organoïdes cultivés dans l’espace de reproduire plus fidèlement la forme avancée et agressive de la maladie chez l’humain que les organoïdes cultivés sous la gravité terrestre.
Lire l'article publié dans PNAS (EN)
Dans le domaine de la protéomique, une méthode appelée « Deep Visual Proteomics » (DVP), ou protéomique visuelle approfondie, aide les scientifiques à déterminer la quantité de protéines présentes dans chaque cellule tout en identifiant simultanément l'emplacement de ces cellules au sein du tissu. Une équipe dirigée par le Dr Fabian Coscia, responsable du groupe de recherche « Spatial Proteomics » au Centre Max Delbrück, vient de développer le premier outil open source permettant un flux de travail global : « openDVP » est conçu pour simplifier l’application de cette technologie — encore optimisée — et la rendre accessible à un plus large public.
Cette méthode ne se limite pas à des maladies spécifiques, mais peut être appliquée à tout type d’échantillons biologiques. Afin de démontrer les capacités de cette technologie, les chercheur(e)s ont analysé et caractérisé les protéomes à résolution spatiale de cellules issues de trois échantillons tissulaires différents : un placenta, un adénocarcinome pulmonaire et une tumeur mammaire. « Nous avons sélectionné ces échantillons pour démontrer la polyvalence de notre méthode. Ils nous permettent d’illustrer comment cette technique peut apporter des informations uniques sur la fonction des protéines dans divers environnements cellulaires qui étaient jusqu’à présent largement inexplorés », explique Coscia.
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Lire l'article publié dans Nature Methods (EN)
Les systèmes multicellulaires dérivés de cellules souches pluripotentes (PSC) constituent une plateforme prometteuse pour l’étude du développement et des maladies. Cependant, ils ne reflètent pas fidèlement leurs homologues in vivo, en raison de la présence de cellules aberrantes qui apparaissent au cours du développement tissulaire chez les organismes multicellulaires, mais qui sont efficacement éliminées par des mécanismes de surveillance qui font souvent appel à l’apoptose. La conception et la mise au point de tels processus font notablement défaut dans les approches actuelles de construction de systèmes multicellulaires dérivés de PSC.
Les scientifiques du laboratoire du Dr Ebrahimkhani à l’université de Pittsburgh comblent cette lacune en proposant une approche d’ingénierie multicellulaire soustractive (subtractive multicellular engineering), qui utilise des circuits génétiques intégrant un calcul à portes logiques et l’apoptose synthétique. Grâce à cette approche, ils améliorent la maturité tissulaire des organoïdes hépatiques dérivés de PSC. Leurs résultats établissent un cadre pour la construction de tissus in vitro via l’élimination contrôlée des cellules aberrantes au cours de la morphogenèse.
Lire l'article publié dans Cell Stem Cell (EN)
EPAA 3Rs Student Grants 2027: les candidatures sont ouvertes – date limite le 13 novembre
“Is the NAMs sector entering a new commercial phase?” – par Dr Clive Roper
“Where NAMs Beat Animal Models” – par Dr Michael Phelan
Rapport du groupe de travail de l'ICCVAM sur les substances per- et polyfluoroalkylées
La version révisée du guide méthodologique « Safe and Sustainable by Design » (SSbD) a été publiée
Un modèle numérique de rein basé sur l'IA a été retenu dans le cadre du programme ISTAND
Livre blanc: “Bridging The Gap Between R&D and GMP” – Concept Life Sciences
“European Research & Innovation Days 2026” – 10 et 11 novembre 2026, Bruxelles (Belgique) et en ligne
“HMA / EMA multistakeholder AI and Data forum: Build trustworthy AI on strong data foundations” – 12 et 13 novembre 2026, en ligne
“ESMO: AI & Digital Oncology Congress 2026” – du 16 au 18 novembre 2026, Berlin (Allemagne)