Le paysage du développement des médicaments se trouve à un tournant historique et connaît une transformation profonde. Les progrès scientifiques en biologie humaine, conjugués à un consensus éthique croissant et à une réforme réglementaire progressive, offrent l’occasion de repenser l’évaluation de la sécurité et de l’efficacité des médicaments.
Un nouveau rapport, établi sur une période d’un an grâce à une collaboration entre Dr. Reddy’s Laboratories, DBT-InSTEM, Humane World for Animals India et le Animal Law and Policy Network, vise à recenser les NAM (définies comme Méthodes Non Animales) émergentes et les possibilités de leur adoption en Inde. Le rapport souligne à la fois l’urgence et le potentiel d’une évolution vers des approches permettant de mieux prédire les effets chez l’humain. La feuille de route présentée dans ce document offre une voie crédible pour concrétiser cette vision, fondée sur les meilleures pratiques internationales tout en étant adaptée aux priorités et aux contraintes nationales.
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L’Université Claude Bernard Lyon 1, Sartorius, et l’Agence nationale de la recherche (ANR) annoncent le lancement du LIFT (Large-scale Innovative Fabrication of in vitro engineered Tissues), lauréat du programme Chaires Industrielles 2025 de l’ANR. Ce projet très ambitieux, et reconnu comme tel par les membres du jury d’évaluation, vise à positionner la France au premier plan mondial de la bio-fabrication de tissus humains in vitro, ouvrant la voie à des avancées majeures en médecine régénérative, en recherche pharmaceutique et en alternatives à l’expérimentation animale.
LIFT s’inscrit dans une démarche responsable, en intégrant des actions de formation, de réflexion éthique et de communication scientifique, afin d’accompagner les évolutions de la médecine et de la société vers des pratiques plus sûres, efficaces et respectueuses de l’humain.
L’Institut des neurosciences de l’Université de Barcelone (UBneuro) continue de consolider sa position à l’avant-garde de la recherche européenne en neurosciences grâce au projet stratégique « VISI-ON-BRAIN : Outils biomédicaux in vitro et in silico de pointe pour les troubles cérébraux », dirigé par Josep M. Canals, professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et chercheur à UBneuro, et coordonné par Creatio, Centre de production et de validation des thérapies avancées à l’UB.
VISI-ON-BRAIN est un programme de formation et de recherche impliquant 15 doctorant(e)s. Ce programme vise à développer des modèles humains de nouvelle génération pour faire progresser l’étude des troubles cérébraux complexes tels que les maladies d’Alzheimer, de Parkinson et d’Huntington. Ce projet représente un changement de paradigme dans la recherche en neurosciences, aller au-delà des modèles animaux et faire progresser une science plus éthique et pertinente pour l’humain grâce à des approches expérimentales (in vitro) et computationnelles (in silico). Le programme est financé à hauteur de 4,5 millions d’euros dans le cadre des Réseaux doctoraux Marie Skłodowska-Curie (MSCA-DN), au sein d’Horizon Europe.
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Les huit principaux systèmes (cardiovasculaire, hépatique, musculo-squelettique, génétique, respiratoire, rénal, gastro-intestinal et neurologique) représentent respectivement 79 % et 97 % des échecs de sécurité précliniques et cliniques. Un programme de sécurité préclinique axé sur les NAM, s’il est conçu de manière appropriée, pourrait permettre d’évaluer plus de 85 % des effets à l’échelle préclinique et 95 % des effets à l’échelle clinique responsables d’échecs thérapeutiques. Associé à des NAM émergentes axées sur la pharmacocinétique et la posologie, il sera peut-être possible, un jour, de soumettre des demandes d’autorisation de mise sur le marché sans aucun recours aux animaux. Cependant, ce qui manque encore, ce sont davantage de données.
Des dizaines, voire des centaines d’études individuelles devront être réalisées avec les NAM avant de disposer de suffisamment de données pour comparer de manière concluante leur capacité prédictive à celle des animaux. Mais à mesure que la qualification des NAM s’accélère, les organismes de réglementation seront de mieux en mieux équipés pour évaluer dans quelle mesure (et si) les NAM améliorent les résultats des essais cliniques sur l’humain. Si les données se confirment, un avenir où seules les NAM seraient utilisées pourrait devenir réalité. Avec les incitations scientifiques, réglementaires et économiques appropriées, cet avenir pourrait être plus proche qu’on ne le pense.
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Lors d’un récent webinaire, Lena Smirnova, professeure adjointe à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, a expliqué comment les systèmes microphysiologiques (MPS) cérébraux transforment les tests de neurotoxicité in vitro et la modélisation des maladies. NewsMedical a compilé les points forts de cette interview.
« Les défis comprennent la nécessité d’une manipulation experte, des protocoles de différenciation longs et la variabilité des iPSC. Il existe également un besoin urgent d’adapter les critères d’évaluation traditionnels des tests 2D à une utilisation dans des contextes 3D. La standardisation entre les laboratoires est essentielle pour améliorer la reproductibilité et renforcer la confiance dans ces modèles à des fins réglementaires », explique le Dr Smirnova.
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La demande croissante de réduction des tests sur les animaux a stimulé le développement de méthodes alternatives, notamment les organoïdes, les organes-sur-puce et les approches computationnelles telles que les cellules virtuelles.
Le journal scientific reports lance un appel à contributions pour des articles présentant des recherches originales sur des plateformes techniques permettant de réduire le recours aux modèles animaux. La date limite de soumission est fixée au 25 novembre 2026.
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Vous souhaitez combler le fossé entre les connaissances théoriques et les applications pratiques en toxicologie in vitro ? Vous pouvez participer du 20 au 25 septembre 2026 au Cours de formation in vitro appliquée (In Vitro Applied Training Course) ESTIV. Ce programme intensif de 6 jours est spécialement conçu pour les toxicologues, l’évaluation de risques et les étudiant(e)s qui souhaitent maîtriser les nouvelles méthodologies (NAM) et leur rôle dans l’évaluation réglementaire de la sécurité.
Le nombre de places est strictement limité afin de garantir une expérience d’apprentissage de grande qualité. Lieu : L’Oréal Recherche & Innovation, Saint-Ouen, France.
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F3OCI : accéder à la newsletter mensuelleLe 18 février, Axion BioSystems a annoncé que le Centre d’évaluation et de recherche sur les médicaments de la FDA (CDER) a accepté sa lettre d’intention (LI) dans le cadre du programme Innovative Science and Technology Approaches for New Drugs (ISTAND) pour son test Human iPSC-Cardiomyocyte Multielectrode Array (MEA) appliqué à la prédiction du risque de repolarisation cardiovasculaire clinique.
Cette soumission représente le premier test de sécurité cardiaque fonctionnel dérivé de cellules souches accepté dans le programme ISTAND.
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CubaseBio, une société de biotechnologie fondée par des pionniers de la biologie spatiale, a annoncé avoir obtenu un financement mixte de 5,9 millions d’euros. Le financement comprend une subvention non dilutive de 2 millions d’euros de la part de l’European Innovation Council (EIC) Transition program et 3,9 millions d’euros de capitaux privés.
Ce financement servira à accélérer le développement technologique et la commercialisation de la technologie transcriptomique spatiale de nouvelle génération de l’entreprise. Contrairement aux techniques spatiales 2D conventionnelles, qui sont limitées aux coupes fines de tissus, la technologie de CubaseBio permet une véritable analyse tridimensionnelle à grande échelle. Elle offre aux chercheur(e)s des informations inédites sur les structures tissulaires 3D complexes.
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L’urine est un biofluide dynamique et très variable. Les interactions urine-urothélium constituent un facteur essentiel mais encore peu étudié dans l’homéostasie vésicale et les infections urinaires.
Une équipe de l’Institut de biologie humaine (IHB) ont développé un modèle de « mini-vessie » humaine — une vessie artificielle sur puce qui combine trois caractéristiques essentielles : un urothélium mature et stratifié, une perfusion urinaire exposant cet urothélium à une urine de composition définie, et la possibilité de miction. Ce tissu artificiel permet d’étudier la résistance aux infections et la tolérance/récidive aux antibiotiques dans un modèle beaucoup plus proche de l’environnement naturel de la vessie. Les résultats récemment publiés élargissent le rôle conceptuel de la bactérie uropathogène Escherichia coli dépourvue de paroi cellulaire dans les infections urinaires et démontrent la puissance de la plateforme « mini-vessie » pour capturer la dynamique du microenvironnement urinaire et urothélial qui façonne activement la pathogenèse des infections urinaires et la tolérance aux antibiotiques.
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La barrière hémato-encéphalique (BHE) est essentielle au bon fonctionnement du système nerveux central (SNC), mais elle constitue également un obstacle dans le traitement de troubles neurologiques de plus en plus fréquents. Le dysfonctionnement de la BHE est également une caractéristique de nombreuses maladies neurologiques, soulignant encore davantage la nécessité d’une meilleure compréhension de la fonction de cette structure en condition saine ou pathologique.
Dans une nouvelle étude, les auteur(e)s présentent un modèle 3D auto-assemblé de la BHE humaine, intégré à une plateforme de culture cellulaire microfluidique permettant la culture simultanée de 48 modèles sur une seule plaque de culture tissulaire. Contrairement aux modèles similaires décrits précédemment, ce modèle de microvascularisation cérébrale permet une perfusion unidirectionnelle sans avoir recours à des pompes ni à des seringues. Associée à un débit élevé, cette caractéristique rend le modèle adapté aux études de la fonction de la BHE en condition saine ou pathologique, ainsi qu’à l’évaluation des thérapies potentielles pour sa restauration.
Lire l’article dans Fluids Barriers CNS
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