L’IA agentique dans la recherche biomédicale, Deux décennies de recherche sur les cellules iPS, La vascularisation des OOC, et plus encore

Actus des méthodes non-animales


Actus des méthodes non-animales
16 - 20 mars 2026
L’IA agentique dans la recherche biomédicale, Deux décennies de recherche sur les cellules iPS, La vascularisation des OOC, et plus encore

NEWS, RAPPORTS, PRISES DE POSITION

1. L’IA agentique et l’essor de la science collaborative in silico dans la recherche biomédicale

Les systèmes d’intelligence artificielle (IA) agentique s’imposent comme des équipes d’experts informatiques intelligents, capables de rivaliser avec les performances humaines dans des tâches exigeantes en main-d’œuvre, notamment l’analyse documentaire, la formulation d’hypothèses, l’analyse de données et l’interprétation de modèles. Ces systèmes sont amenés à accélérer la recherche biomédicale, qui demande beaucoup de main-d’œuvre, en prenant des décisions autonomes fondées sur des informations contextuelles et des commentaires d’experts. 

Des systèmes d’IA agentique ont été développés pour diverses applications, notamment la découverte de médicaments, l’analyse de données et l’identification de biomarqueurs ; toutefois, plusieurs défis majeurs subsistent pour permettre un déploiement à grande échelle de ces systèmes dans la recherche biomédicale. Une nouvelle étude publiée dans Nature Biotechnology examine trois algorithmes clés et sept caractéristiques fondamentales qui contribuent au développement des systèmes d’IA agentique. Elle met en évidence leurs applications biomédicales, les considérations de conception, ainsi que les défis et les opportunités liés au déploiement de ces systèmes pour faire progresser la recherche scientifique collaborative.

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2. Intégration d’organoïdes intestinaux humains dans les modèles NAM de la FDA pour la découverte de médicaments

Le recours aux lignées cellulaires et aux animaux pour les essais de toxicité constitue depuis longtemps la pierre angulaire de la recherche préclinique sur les médicaments destinés au traitement des maladies intestinales. Cependant, la physiologie, la génétique et l’étiologie des maladies chez les animaux diffèrent considérablement de celles observées chez l’humain, en particulier dans le cas de troubles complexes tels que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, pour lesquelles le taux d’attrition dépasse 85%.

Les changements réglementaires introduits par la FDA avec le Modernization Act 2.0 et les directives ultérieures sur les Nouvelles Approches Méthodologiques (NAM) accélèrent la transition vers des systèmes pertinents pour l’être humain. Les organoïdes intestinaux humains (HIO) sont apparus comme des outils révolutionnaires qui reproduisent fidèlement l’architecture, la fonction et la diversité cellulaire de l’intestin humain. Les progrès réalisés dans le domaine des HIO permettent d’étudier l’absorption, le métabolisme et la toxicité des médicaments en laboratoire, établissant ainsi un pont entre les tests in vitro et les résultats cliniques afin d’offrir de nouvelles possibilités d’améliorer la prédictivité de la toxicocinétique et de la pharmacocinétique.

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3. Nouveaux rapports du JRC sur la génotoxicité in vitro et la bio-impression 3D

Peut-on établir une classification de la mutagénicité en se fondant uniquement sur des données in vitro ?

Actuellement, la stratégie d’évaluation de la génotoxicité repose sur une approche par étapes, commençant par des essais in vitro portant sur trois paramètres clés : les mutations génétiques, la clastogénicité et l’aneugénicité. Si les essais in vitro donnent des résultats positifs, des essais de confirmation in vivo sont alors nécessaires. Dans une nouvelle étude, le Joint Research Centre (JRC) a analysé la base de données sur la génotoxicité de l’EURL-ECVAM, qui comprend plus de 700 substances chimiques, en explorant six combinaisons de tests in vitro couvrant les trois paramètres clés. Les résultats indiquent qu’il peut, dans certains cas, être possible de classer une substance chimique comme mutagène pour les cellules somatiques en utilisant uniquement des essais in vitro. De nouveaux essais in vitro qui abordent des mécanismes biologiques spécifiques et fournissent des informations à l’appui dans le cadre d’une évaluation globale des preuves pourraient contribuer à renforcer la confiance dans les résultats.

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Putting Science into Standards – Bio-impression 3D : Vers des normes en biomédecine

La bio-impression 3D est à la pointe de l’innovation biomédicale ; elle offre un potentiel révolutionnaire pour la production de tissus fonctionnels, faisant ainsi progresser la médecine régénérative et les méthodes d’essai in vitro. Cependant, des défis tels que la reproductibilité, l’évolutivité et la normalisation des bio-encres subsistent. Lors de l’atelier PSIS (Putting Science into Standards), qui a réuni 56 expert(e)s de 17 pays, les participant(e)s se sont concentré(e)s sur les besoins de normalisation des bio-encres, des biomatériaux, des équipements d’impression et des évaluations de qualité et de sécurité, ouvrant ainsi la voie à des avancées significatives. Cette approche collaborative souligne la nécessité de mettre à jour les cadres réglementaires afin d’intégrer en toute sécurité la bio-impression 3D dans les soins de santé, améliorant ainsi la médecine personnalisée et favorisant des applications biomédicales prometteuses.

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INTERVIEWS, NOMINATIONS, RÉCOMPENSES

4. Un pionnier de la génétique des maladies infectieuses remporte le Prix Mechthild Esser Nemmers 2026

Jean-Laurent Casanova, docteur en médecine, titulaire d’un doctorat de recherche et titulaire de la chaire Levy Family à l’Université Rockefeller, pédiatre à l’Hôpital Necker pour enfants malades et à l’Institut Imagine à Paris, et chercheur à l’Institut médical Howard Hughes, connu pour sa découverte des déterminants génétiques et immunologiques humains des maladies infectieuses, est le lauréat du Prix Mechthild Esser Nemmers 2026 en sciences médicales décerné par l’Université Northwestern.

En près de trois décennies, entre les États-Unis et la France, Casanova et son équipe ont mis en évidence les causes génétiques, tant rares que courantes, de plus de 20 infections. Ils ont également découvert ce qu’ils appellent des « phénocopies » de ces troubles génétiques : certain(e)s patient(e)s souffrent d’une infection grave en raison d’auto-anticorps qui neutralisent un élément du système immunitaire qui, chez d’autres patient(e)s atteint(e)s de la même infection, présente une mutation.

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OUTILS, PLATEFORMES, APPELS

5. Pôle britannique des modèles translationnels précliniques

Le Medical Research Council britannique lance un appel à propositions pour l’accueil d’un pôle préclinique « visant à réunir des capacités de pointe en matière de modélisation des maladies humaines et des données essentielles afin de soutenir le développement de modèles in vitro humains pour la recherche translationnelle ».

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme plus vaste doté d’un financement de 30 millions de livres sterling, dont les objectifs déclarés sont de créer des modèles précliniques prédictifs plus précis des maladies humaines ; réduire l’utilisation des animaux en élargissant l’éventail des méthodes alternatives fiables ; constituer une ressource nationale pour le développement de modèles in vitro et améliorer l’accès aux technologies de pointe, aux tissus humains, aux échantillons de patient(e)s et aux données à travers le pays ; et positionner le Royaume-Uni à l’avant-garde du développement de modèles in vitro humains pour la recherche médicale. Un webinaire sera organisé le 25 mars et la date limite de candidatures est fixée au 21 mai 2026 (16h).

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Découvrez d’autres financements dans le secteur des NAM

6. Étude du Tufts CSDD sur l’utilisation de la modélisation et de la simulation

Le Tufts Center for the Study of Drug Development (Tufts CSDD) mène actuellement une étude visant à évaluer l’utilisation de la modélisation et de la simulation dans la découverte et le développement de médicaments. Les résultats de cette étude fourniront aux professionnel(le)s du développement de médicaments des informations précieuses sur les avantages et les défis liés à la modélisation et à la simulation.

Votre expérience et votre expertise aideront à évaluer l’utilisation actuelle de cette technologie et son impact sur le secteur. La réponse au questionnaire prend 10 minutes environ.

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INDUSTRIES, BIOTECHS, PARTENARIATS

7. Un nouveau modèle d’IA simple à déployer sur site pour la découverte de médicaments

Liquid AI et Insilico Medicine ont lancé LFM2‑2.6B-MMAI, un modèle simple d’IA formé pour constituer un système destiné à soutenir les différentes étapes de la découverte de médicaments, tout en permettant aux entreprises de conserver leurs données au sein de leurs propres environnements informatiques sans les transmettre à des services cloud externes.

Ce modèle de base scientifique de 2,6 milliards de paramètres est conçu pour fonctionner sur une infrastructure pharmaceutique privée et a été entraîné à l’aide du cadre d’entraînement Science MMAI Gym récemment lancé par Insilico Medicine, un cadre qui permet de transformer les grands modèles linguistiques (Large Language Models, LLM) généraux en outils spécialisés dans les domaines biomédical et chimique. Les développeurs précisent que le modèle est conçu pour prendre en charge des tâches tout au long du processus de découverte de médicaments.

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DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES & PROTOCOLES

8. Des substituts au FBS éthiques, durables et efficaces pour la culture in vitro de cellules de mammifères

Le sérum fœtal bovin (FBS) est largement utilisé depuis plus de soixante ans comme complément nutritif dans la culture de cellules de mammifères ; toutefois, son utilisation soulève de plus en plus de préoccupations et de défis liés aux variations de qualité, aux pratiques de collecte contraires à l’éthique, au déséquilibre entre l’offre et la demande et aux difficultés réglementaires.

Partant d’une analyse approfondie des composants du sérum fœtal bovin (FBS) et de leurs fonctions dans la croissance cellulaire, une nouvelle étude comparative passe en revue les principaux types de substituts au FBS, à savoir les substituts d’origine humaine et animale, les substituts à base de plantes et les milieux sans sérum. Les perspectives d’avenir abordées comprennent le développement de substituts au FBS spécifiques à certaines applications, l’amélioration de la qualité et la formulation spécialisée du FBS, l’optimisation des substituts existants, ainsi que la mise en place de bases de données et de mécanismes d’incitation visant à faciliter l’abandon du FBS.

Lire l’article dans Frontiers (EN)

9. Organoïdes-sur-puce vascularisés pour des modèles perfusés et personnalisés

Les organoïdes comptent parmi les modèles in vitro les plus avancés pour l’étude de la biologie humaine, offrant un fort potentiel tant dans le domaine de la recherche que de la médecine. Cependant, leur utilité reste limitée par une maturation incomplète, une variabilité entre les échantillons, des interactions à longue distance restreintes et, surtout, l’absence de systèmes vasculaires fonctionnels. L’intégration des organoïdes dans des plateformes microfluidiques peut contribuer à résoudre certains de ces problèmes en créant des environnements contrôlés présentant des conditions physiques et biochimiques précises.

L’un des axes principaux de l’amélioration de ces systèmes est la vascularisation, qui permet la formation de réseaux d’organoïdes stables et perfusables. Une nouvelle revue examine les fondements biologiques, les stratégies actuelles et les considérations techniques relatives à la vascularisation des organoïdes-sur-puce, en soulignant leur potentiel pour améliorer la pertinence physiologique, les performances fonctionnelles, la personnalisation et l’applicabilité translationnelle.

Lire l’article dans Lap on a Chip (EN)

10. Les modèles in vitro bio-imprimés en 3D : Des NAM pour remplacer l’expérimentation animale

Le FDA Modernization Act 2.0 a marqué le passage des essais sur les animaux aux NAM pour le développement préclinique des médicaments. La bio-impression 3D s’est imposée comme l’une des principales NAM, capable de fabriquer des modèles complexes, fidèles à l’anatomie humaine, avec un haut niveau de précision.

Une étude passe en revue les principales modalités de bio-impression et analyse les mécanismes de fonctionnement, les avantages et les limites de chaque technique, allant de la création de motifs par jet d’encre haute résolution à la fabrication rapide et sans couches rendue possible par les méthodes volumétriques. Bien que des défis persistent en matière de validation réglementaire, de vascularisation et de complexité anatomique, des stratégies avancées de bio-impression intégrant des signaux biochimiques, la diversité cellulaire et les interactions multi-tissulaires ouvrent la voie à des filières thérapeutiques plus prédictives et plus respectueuses de l’être humain.Ce travail présente le paysage technologique et les orientations futures de la biofabrication à l’ère post-expérimentation animale.

Consultez l’article dans npj biomedical innovations (EN)

11. Deux décennies de recherche sur les cellules iPS : De la découverte aux applications variées

Vingt ans se sont écoulés depuis la première démonstration des cellules souches pluripotentes induites (iPSC) chez la souris. Ce qui n’était au départ qu’une observation inattendue à Kyoto a rapidement révolutionné la biologie des cellules souches et la médecine régénérative à l’échelle mondiale. 

Au cours des deux dernières décennies, les scientifiques ont acquis une compréhension approfondie des mécanismes moléculaires qui sous-tendent la reprogrammation cellulaire et la pluripotence. La technologie n’a cessé d’évoluer, devenant plus sûre, plus efficace et plus polyvalente. Aujourd’hui, les cellules iPS constituent le fondement d’applications très variées, allant de la modélisation des maladies et de la découverte de médicaments aux thérapies régénératives et à la recherche sur le rajeunissement. Dans un nouvel article de synthèse, le Prix Nobel de médecine 2012, Dr Yamanaka, revient sur le parcours scientifique des iPS, met en avant les étapes clés de notre compréhension de la reprogrammation et aborde l’impact clinique et sociétal croissant des iPS.

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A NE PAS MANQUER

L’écosystème des NAM n’est plus en phase de développement. Il est désormais bien établi – par Sam Lloyd-Button, PhD

Appel à candidatures pilote ZonMw – Catégorie M (chercheur(e)s en milieu de carrière) : lancement en 2027

Le programme Bridge2AI du Fonds commun des NIH passe à l’étape suivante

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Le Prix international des 3R du NC3Rs, parrainé par GSK, est désormais ouvert aux candidatures

WEBINAIRES, ATELIERS, SYMPOSIUMS A VENIR

Webinaire de lancement : Base de données sur les chercheur(e)s indien(ne)s en sciences, technologie et ingénierie – 10 avril 2026 (11h30 CET), en ligne

Rencontre entre parties prenantes – Accélérer la transition mondiale vers une recherche et une innovation sans recours aux animaux – 13 mai 2026, La Haye

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