Les Nouvelles Approches Méthodologiques (NAM) contribuent au développement pharmaceutique ; on s’intéresse désormais de plus en plus à leur utilisation lors des étapes de décision réglementaire, afin de réduire le recours aux modèles animaux de laboratoire pour évaluer la sécurité et l’efficacité des médicaments. Toutefois, les NAM validées se limitent encore à des paramètres spécifiques, et des incertitudes subsistent quant à leur transposabilité à l’humain et à leur acceptation par les autorités sanitaires.
Un article publié dans Regulatory Toxicology and Pharmacology résume les conclusions d’une enquête menée par le groupe de travail « 3Rs Implementation of Replacement » de l’Innovation & Quality International Consortium (IQ) sur les pratiques industrielles en matière d’identification et de mise en œuvre des NAM. Quarante-cinq entreprises — principalement de grandes et moyennes organisations basées en Asie, aux États-Unis et en Europe — ont apporté des éclairages sur la gouvernance, la responsabilité, les stratégies d’évaluation, l’intégration au sein du processus de développement des médicaments, ainsi que sur les obstacles et les opportunités associés.
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Une nouvelle analyse du Johns Hopkins Toxicology Policy Lab examine l’évolution du rôle de l’ICCVAM (Interagency Coordinating Committee on the Validation of Alternative Methods) à mesure que les agences fédérales américaines développent leurs propres programmes pour les NAM. Bien que le cadre 2024 de l’ICCVAM promeut des approches de validation et d’acceptation réglementaire flexibles et adaptées aux besoins, l’article soutient que son influence en tant qu’organe central de coordination s’est affaiblie à mesure que la mise en œuvre devient spécifique à chaque agence.
L’auteur appelle l’ICCVAM à jouer un rôle de coordination inter-agences plus affirmé, afin de réduire les doubles emplois, d’harmoniser les pratiques de validation et d’offrir une base plus cohérente pour l’acceptation réglementaire. L’analyse met en lumière un défi politique plus large concernant les NAM : les progrès scientifiques et les lignes directrices ne suffisent pas à garantir une mise en œuvre durable en l’absence de responsabilités institutionnelles claires et de mécanismes de coordination pérennes.
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La Therapeutic Goods Administration (TGA) australienne a publié de nouvelles lignes directrices expliquant comment les NAM peuvent contribuer au développement et à l’évaluation réglementaire des médicaments et autres produits thérapeutiques. L’autorité réglementaire prend déjà en compte des données non issues d’essais sur les animaux lors des évaluations pré- et post-commercialisation, notamment des méthodes in silico pour évaluer la génotoxicité et la sécurité des impuretés. Elle soutient l’utilisation des NAM lorsqu’elle est scientifiquement justifiée et adaptée à l’objectif visé, tout en reconnaissant que de nombreuses méthodes ne peuvent pas encore remplacer directement les études sur les animaux.
Ces lignes directrices définissent quatre critères clés pour l’acceptation réglementaire : un contexte d’utilisation clairement défini, la pertinence pour la biologie humaine, la fiabilité technique et la reproductibilité, ainsi que l’adéquation à l’usage prévu. Par le biais d’une collaboration réglementaire internationale, la TGA vise à favoriser une meilleure harmonisation et une adoption plus large de ces méthodes.
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Il y a dix-sept ans, le biologiste cellulaire Donald Ingber et ses collègues du Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering de l’université Harvard ont soumis à la revue Science un article décrivant leur modèle de poumon humain. Un récit récent d’Ilka Maschmeyer, chercheure en toxicologie translationnelle et cadre au sein de l’entreprise de biotechnologie allemande TissUse, illustre l’ampleur de l’évolution intervenue depuis.
Toutefois, une adoption plus large se heurte à des obstacles qui dépassent la technologie elle-même. « Ce processus de transition est bien plus complexe qu’on ne le pense », explique Thomas Hartung, directeur du Center for Alternatives to Animal Testing de l’Université Johns Hopkins. « Il relève davantage de la gestion du changement que de la technologie en soi. »
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Un nouveau rapport de l’AAPS (American Association of Pharmaceutical Scientists) et BioIVT synthétise les échanges tenus le 10 septembre 2026 entre des scientifiques issus de l’industrie, d’organismes de recherche sous contrat (CRO) et du milieu universitaire, ainsi que des expert(e)s en réglementation, au sujet de la transition vers une utilisation courante des NAM.
Ces discussions ont mis en évidence plusieurs obstacles à une adoption plus large. Les participant(e)s ont appelé à la mise en place de cadres de qualification adaptés au contexte d’utilisation, d’initiatives de partage de données entre entreprises et d’une harmonisation réglementaire internationale accrue. Le rapport souligne un défi central pour le secteur : transformer des technologies prometteuses en méthodes reproductibles et fiables, capables d’étayer de manière autonome les décisions scientifiques et réglementaires.
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Au cours des 18 derniers mois, les National Institutes of Health (NIH) ont redoublé d’efforts pour promouvoir de nouvelles politiques visant à réduire l’expérimentation animale, sous la direction de Nicole Kleinstreuer. En tant que directrice adjointe chargée de la coordination des programmes, de la planification et des initiatives stratégiques, Nicole Kleinstreuer supervise des programmes de recherche et des initiatives stratégiques couvrant des domaines allant de la santé des femmes et de la prévention des maladies à la science des données et aux compléments alimentaires.
Le poste de Nicole Kleinstreuer est rattaché au bureau du directeur des NIH, le Dr Jay Bhattacharya. L’une des « grandes priorités » du Dr Bhattacharya est de faire progresser la recherche fondée sur des modèles humains grâce aux approches les plus modernes et innovantes, a expliqué la Dre Kleinstreuer lors d’un entretien accordé à Fierce.
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À l’initiative de l’International Society for Stem Cell Research (ISSCR), un nouvel article de la rubrique « Voices » de la revue Stem Cell Reports marque le 20e anniversaire des iPSC ; des chercheur(e)s du monde entier y analysent la manière dont cette technologie révolutionnaire a transformé la médecine régénérative, la modélisation des maladies, la découverte de médicaments, la biologie du développement et l’ingénierie cellulaire.
Parmi ces scientifiques internationaux figurent notamment Sonja Schrepfer (Cedars-Sinai), Hongmei Wang (Académie chinoise des sciences), Laurent David (Université de Nantes), et Hans Clevers (Institut Hubrecht, Université d’Utrecht).
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Le développement des NAM, ainsi que leur adoption et leur acceptation effectives par les organismes de réglementation, constituent un défi mondial nécessitant la participation de nombreuses parties prenantes. Il faudra que les décideurs du monde entier acceptent les résultats issus de ces méthodes et que les concepteurs de NAM garantissent la robustesse de leurs approches, afin qu’elles puissent être harmonisées et validées pour les essais réglementaires. En raison de leurs propriétés uniques, les nanomatériaux et les matériaux avancés imposent une mise à jour des méthodes d’essai pour permettre la production des données exigées par les autorités réglementaires.
Cet atelier en ligne se tiendra les 24 et 25 novembre 2027 ; il est organisé conjointement par les projets Horizon Europe : CHIASMA, DESIDERATA, iCare, NAMWISE, nanoPASS and RADAR, ainsi qu’avec Malta Initiative.
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Les NAM évoluent rapidement et l’expertise nécessaire pour les mettre en œuvre devient de plus en plus spécialisée. Si vous envisagez des alternatives sans recours aux animaux mais ne savez ni par où commencer, ni qui contacter, le 3Rs Centre Utrecht (3RCU) a mis en place un service d’assistance baptisé « Suppo3Rt », qui vous met directement en relation avec le ou les expert(e)s compétent(e)s.
Ce service est gratuit, confidentiel et adapté à votre question de recherche spécifique. Suppo3Rt a été créé pour combler une lacune identifiée lors d’une étude exploratoire du 3RCU, laquelle a mis en évidence une demande d’expertise accrue sur les NAM ainsi qu’un besoin d’orientation et d’aide à l’interprétation des informations les concernant.
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Biohub, le département de l’Énergie des États-Unis (DOE), les NIH et de nouveaux partenaires financiers investissent 1,8 milliard de dollars — sous forme de fonds, de données, de capacités de calcul et de nouvelles technologies de mesure — dans ce qui constitue le plus vaste engagement coordonné à ce jour pour générer des données biologiques exploitables par l’IA. Il en résultera une ressource en libre accès pour la communauté scientifique, jetant les bases d’une meilleure compréhension et, à terme, du traitement des maladies humaines.
Par ailleurs, Google DeepMind, Isomorphic Labs et Meta investissent conjointement 300 millions de dollars dans la « Virtual Biology Initiative » afin de développer les technologies et les jeux de données multimodaux nécessaires à la création de modèles prédictifs du vivant.
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La prédiction in vitro de la réponse humaine aux médicaments demeure un défi majeur du développement pharmaceutique. Les modèles animaux se sont révélés peu fidèles pour reproduire les processus humains d’absorption, de distribution, de métabolisme, d’excrétion (ADME) et de toxicité, qui résultent d’activités coordonnées entre plusieurs organes. Les systèmes multi-organes-sur-puce (mOoC) constituent une nouvelle approche prometteuse capable de reconstituer ces interactions inter-organes. Si la preuve de concept du couplage inter-organes a été établie avec les mOoC actuels, la mise au point de systèmes prêts pour une application translationnelle reste encore à accomplir.
Une récente étude dirigée par Joseph C. Wu aborde deux défis essentiels : comment préserver les niches biochimiques et biomécaniques spécifiques à chaque organe tout en permettant des échanges contrôlés entre eux, et comment transformer les mOoC en systèmes robustes et prêts pour une utilisation translationnelle.
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Une nouvelle édition de l’ouvrage Intestinal Stem Cells : Methods and Protocols, publiée dans la collection Methods in Molecular Biology, rassemble des protocoles pratiques couvrant la biologie des cellules souches intestinales, la culture d’organoïdes, l’analyse en single cell et la modélisation de maladies.
Plusieurs chapitres de ce second volume présentent un intérêt particulier pour le développement de NAM, notamment les cultures de feuillets d’organoïdes épithéliaux intestinaux sans recours aux animaux, les organoïdes d’intestin grêle humain différenciés en types cellulaires épithéliaux matures, ainsi que la modélisation in silico de la dynamique des cellules souches intestinales.
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L’approche « Safe and Sustainable by Design » (SSbD) favorise le développement de substances chimiques intrinsèquement plus sûres et plus durables, y compris des alternatives viables aux substances dangereuses. Les méthodes in silico, qui s’appuient sur des outils informatiques et des simulations, soutiennent l’approche SSbD en prédisant la toxicité, la persistance environnementale et les performances de substituts potentiels avant de passer à des essais physiques à plus grande échelle.
Les tensioactifs et les retardateurs de flamme figurent parmi les nombreux domaines d’intérêt pour les autorités réglementaires et les scientifiques de divers secteurs industriels. Compte tenu de l’essor considérable des marchés mondiaux lié à la grande diversité de leurs applications, ainsi que des preuves de leurs effets néfastes sur l’environnement et la santé humaine, il est urgent d’accélérer la conception et la mise en œuvre d’alternatives plus sûres pour ces substances. Dans un article coécrit par QSAR Lab, des chercheur(e)s présentent un flux de travail intuitif et harmonisé pour l’utilisation d’outils in silico fondés sur les relations quantitatives structure-activité (QSAR) ; ces outils permettent une évaluation préliminaire des dangers et comblent les lacunes en matière de données, conformément à l’approche SSbD structurée par étapes.
Lire l’article dans Environment International (EN)
Vote sur l’avis de la commission ENVI concernant le règlement sur la loi relative aux biotechnologies (Biotech Act I)
Exigences de l’EFSA en matière d’excellence scientifique et de préparation réglementaire
Le programme chinois PIONEER pour les NAM : Enjeux pour le secteur des biotechnologies chinois (et mondial) – Michael Phelan
Qui ouvrira la voie à l’adoption des NAM ? – Lukas Gaats, Mo:re Science
hiPSC-derived O&OOC systems : New frontiers in neural tube defect research – Wang et al., Stem Cell Reviews and Reports
Une IA scientifique génère et valide de manière autonome de nouvelles découvertes biologiques – Bionity
Peng Gao reçoit le prix « New Innovator Award » des NIH pour ses recherches sur la mesure de l’exposition aux substances chimiques dans le sang et les tissus
Panel de discussion “From innovation to first-in-human trials : Practical guidance for using NAMs in Australia” – 21 octobre 2026, 16h30 – 17h15 – Gold Coast (Australie)
Workshop “Alternative Methodologies in Pharmaceutical Development” – 20 octobre, 10h00-17h00, & 21 octobre 2026, 10h00-12h00 – NIH Neuroscience Center Building, Rockville (Etats-Unis)
DAIBR Workshop : “Recent Developments in Human-Based Models” – 22 octobre 2026, 8h30-18h00, & 23 octobre 2026, 8h30-12h30 – NIH Neuroscience Center Building, Rockville (Etats-Unis)
Live Talks “Asian NAMs’ Landscape : Scientific and Regulatory Perspectives” – 22 octobre 2026, 12h30 (GMT+2), en ligne
International Conference on Organoid Intelligence 2026 – 26 – 27 octobre 2026
The Bloomberg Center, Washington (Etats-Unis)