Appel des autorités réglementaires mondiales à faire progresser les NAM pour les médicaments à usage humain, Production de cellules souches à grande échelle, L’IA pour l’interprétation des données in vitro, Des assembloïdes cérébraux pour étudier l’anesthésie, et plus encore

Actus des méthodes non-animales

Actus des méthodes non-animales

05 - 09 OCTOBRE 2026

Appel des autorités réglementaires mondiales à faire progresser les NAM pour les médicaments à usage humain, Production de cellules souches à grande échelle, L’IA pour l’interprétation des données in vitro, Des assembloïdes cérébraux pour étudier l’anesthésie, et plus encore

NEWS, RAPPORTS, PRISES DE POSITION

1. Appel des autorités réglementaires mondiales à faire progresser les NAM pour les médicaments à usage humain

La Coalition internationale des autorités de réglementation des médicaments (ICMRA) a adopté une déclaration commune élaborée et approuvée par l’EMA, l’Agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA), l’Autorité irlandaise de réglementation des produits de santé (IHPRA) et Swissmedic, appelant les développeurs, les fabricants, les autorités de réglementation et les laboratoires nationaux de contrôle à continuer de promouvoir et de mettre en œuvre des méthodes scientifiquement valides pour remplacer l’expérimentation animale tout au long du cycle de vie des médicaments à usage humain.

L’objectif à long terme consiste à remplacer l’expérimentation animale à chaque étape du cycle de vie d’un médicament, depuis le criblage initial et le développement précoce, en passant par les essais non cliniques, jusqu’à l’autorisation de mise sur le marché et les activités post-autorisation.

Lire le communiqué de l’EMA (EN)

Lire le communiqué de la MHRA (EN)

Lire la déclaration commune (EN)

2. Inde : La reconnaissance réglementaire ne suffit pas pour intégrer les NAM dans le développement de médicaments

L’Inde reconnaît de plus en plus les Nouvelles Approches Méthodologiques (NAM), telles que les organes-sur-puce et les technologies cellulaires avancées, comme des alternatives aux essais traditionnels sur les animaux dans le cadre du développement de médicaments. Ces méthodes pourraient rendre les essais cliniques plus pertinents pour l’humain et potentiellement améliorer la prédiction de l’efficacité des traitements chez l’humain.

Cependant, dans un nouvel article, Tejaswini Dhurde, chargée de communication scientifique senior au Centre for Predictive Human Model Systems (CPHMS), fait valoir que la reconnaissance réglementaire ne suffit pas à elle seule. L’Inde a également besoin d’investissements dans les infrastructures, la recherche, la validation, la normalisation et l’expertise scientifique afin de garantir que les NAM puissent être adoptées et utilisées de manière fiable dans le développement pharmaceutique.

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3. Le projet « INDUZELL » : Production de cellules souches à grande échelle

Une équipe de chercheur(e)s de l’Université des sciences appliquées d’Emden/Leer et d’autres partenaires mènent le projet « INDUZELL », visant à mettre au point un procédé qui permettrait de produire à l’échelle industrielle des cellules cultivées en laboratoire.

Les cellules souches sont actuellement cultivées dans des boîtes de Pétri individuelles, mais l’utilisation de grands bioréacteurs pourrait rendre ce processus plus efficace, plus pertinent sur le plan clinique et mieux adapté à une production à grande échelle. Pour y parvenir, les chercheur(e)s ont recours à l’IA et à l’apprentissage automatique afin de créer une plateforme de production « intelligente » qui combine des méthodes d’ingénierie et des données expérimentales pour simuler la croissance des cellules souches et identifier des conditions fiables permettant de produire des cellules souches intactes dans de grands bioréacteurs. 

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4. Le rôle de l’IA dans l’interprétation des données in vitro

Les organoïdes, les organes-sur-puce et d’autres modèles in vitro de pointe revêtent une importance particulière, car ils permettent de reproduire fidèlement la physiologie humaine, notamment la structure des tissus, les flux, les forces mécaniques et les interactions entre les différents types de cellules, avec une plus grande précision que les méthodes conventionnelles. Leur intérêt réside non seulement dans la génération d’un plus grand volume de données, mais aussi dans la production de résultats qui reflètent fidèlement les conditions humaines que les chercheurs et les autorités de régulation doivent comprendre.

Un nouvel article publié dans Sciences Enjeux Santé explore une question qui découle de ces progrès : une fois que les modèles in vitro avancés fournissent des données plus riches, comment les chercheur(e)s peuvent-ils/elles les interpréter de manière fiable ? L’auteur, Chingkai Kung, doctorant à l’université nationale Yang Ming Chiao Tung et ingénieur IA en R&D bioinformatique chez Anivance AI, s’attache à examiner le rôle de l’IA dans l’identification de schémas, l’intégration des mesures et l’orientation des décisions expérimentales, tout en reconnaissant que la validation biologique et un contexte d’utilisation clairement défini restent essentiels.

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INTERVIEWS, NOMINATIONS, RÉCOMPENSES

5. Lena Smirnova récompensée par le Fonds de recherche sur les cellules souches du Maryland

Lena Smirnova, maître de conférences et directrice du programme MPS à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, s’est récemment vu décerner le « Transformative Potential Award » dans le cadre des célébrations du 20e anniversaire du Maryland Stem Cell Research Fund (MSCRF).

La Dre Smirnova a été sélectionnée pour ses « travaux de recherche pionniers et son intégration innovante d’approches avancées de modélisation humaine visant à approfondir notre compréhension des maladies et à accélérer le développement de futurs traitements ». Félicitations à la Dre Smirnova pour cette nouvelle distinction et pour ses efforts constants en faveur du développement de traitements novateurs et de nouvelles méthodes de recherche intégrant les cellules souches et d’autres approches basées sur l’humain.

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OUTILS, PLATEFORMES, APPELS

6. Réglementation relative aux substances chimiques – mise à jour des règles de l’UE concernant les méthodes d’essai

Le règlement REACH de l’UE impose des contrôles sur les substances chimiques susceptibles de présenter un danger pour les humains, les animaux ou l’environnement. L’un de ses actes d’application – le règlement n° 440/2008 – répertorie les méthodes approuvées pour tester ces substances. Cette initiative ajoutera à cette liste un certain nombre de méthodes nouvelles ou mises à jour, susceptibles de réduire et d’affiner les essais sur les animaux impliquant l’utilisation de substances chimiques.

Cette mise à jour est ouverte aux commentaires jusqu’au 27 octobre 2026. Les commentaires reçus seront pris en compte pour la finalisation de cette initiative. Ils seront publiés sur le site de l’UE et doivent donc respecter les règles relatives aux commentaires.

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7. Scientific Traineeships Programme du JRC

Le Centre commun de recherche (JRC) joue un rôle actif sur la scène mondiale de la recherche scientifique, en intervenant dans un large éventail de domaines et en assumant sa mission de service scientifique et de connaissance de la Commission européenne. Le Scientific Traineeships Programme du JRC est désormais ouvert aux candidatures. En fonction du projet, le/la stagiaire sera amené(e) à effectuer des travaux théoriques et/ou des travaux en laboratoire. Le stage pourra se dérouler sur l’un des sites du JRC. Les candidat(e)s peuvent indiquer le ou les sites de leur choix dans leur candidature.

Grâce à ce programme, les jeunes diplômé(e)s de l’enseignement supérieur (titulaires d’au moins un diplôme de l’enseignement supérieur standard de trois ans) peuvent :

  • Acquérir des compétences pratiques et des connaissances dans un environnement multiculturel et interdisciplinaire ;
  • Travailler au cœur du soutien scientifique apporté aux politiques de l’UE ;
  • Développez un réseau de contacts pour construire sa carrière.

Date limite : 28 octobre 2026 à 15h00, heure de Bruxelles.

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8. PARC : Formation en immunotoxicologie

Le projet européen PARC organise une formation présentielle sur l’immunotoxicologie, proposant une introduction complète aux mécanismes par lesquels les substances chimiques peuvent interférer avec le système immunitaire et à la manière dont ces effets sont pris en compte dans l’évaluation des risques chimiques. Une attention particulière sera accordée aux approches réglementaires actuelles ainsi qu’aux opportunités et aux défis liés aux NAM en immunotoxicologie.

Cette formation s’adresse aux doctorant(e)s et aux chercheur(e)s, tant au sein du PARC qu’à l’extérieur, qui s’intéressent à l’immunotoxicologie et à son application à l’évaluation des risques chimiques. La formation est conçue pour les débutant(e)s ; des connaissances de base en immunologie, en biologie cellulaire ou en toxicologie sont recommandées. Elle se déroulera à Paris, en France, du 23 au 25 novembre 2026. Envoyez votre candidature avant le 31 octobre 2026.

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INDUSTRIES, BIOTECHS, PARTENARIATS

9. ATCC : Sa plateforme de modèles avancés contribue à définir la prochaine génération de recherche non clinique

L’ATCC, un centre de ressources biologiques à but non lucratif, a été sélectionné pour trois nouveaux contrats fédéraux portant sur l’utilisation de NAM afin de faire progresser la recherche préclinique dans les domaines des maladies infectieuses et de l’oncologie. Ces contrats confirment la position de l’ATCC en tant que leader dans le domaine des NAM et saluent ses efforts visant à mettre en place une infrastructure fiable pour la recherche préclinique grâce à des modèles authentifiés et pertinents pour l’humain.

« Les lignées cellulaires, les organoïdes, les modèles biologiques validés et les systèmes microphysiologiques que nous distribuons s’appuient tous sur des ensembles de données complets, dont la traçabilité remonte jusqu’à leur source d’origine, ce qui permet aux chercheur(e)s d’avoir pleinement confiance dans les travaux qu’ils mènent. C’est là le fondement indispensable à une science reproductible », a déclaré Ruth Cheng, docteure, présidente-directrice générale de l’ATCC.

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DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES & PROTOCOLES

10. Modèle cellulaire 3D reproduisant les lésions et la réparation de la myéline dans le système nerveux central humain

La myéline est une gaine graisseuse qui recouvre et protège les fibres nerveuses et permet aux signaux de circuler rapidement dans le cerveau, la moelle épinière et le reste du corps. Dans la sclérose en plaques (SEP), le système immunitaire attaque par erreur la myéline, provoquant des lésions nerveuses, des symptômes neurologiques et, à terme, un handicap. Il n’existe actuellement aucun traitement permettant de réparer ces lésions.

Une équipe de recherche dirigée par la professeure associée Samantha Barton, responsable du groupe « Myelin in Health and Disease » à l’Institut Florey, a mis au point un modèle cellulaire en 3D qui reproduit, avec un niveau de détail sans précédent, les lésions et la réparation de la myéline dans le système nerveux central humain. « Notre nouveau système présente un intérêt considérable. Outre la production de myéline, nous avons pu y introduire des cellules immunitaires afin de provoquer une lésion similaire à celle observée dans la sclérose en plaques. Cela nous offre une occasion unique d’étudier le processus régénératif de la remyélinisation en laboratoire », a déclaré Prof Barton. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature Neuroscience.

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Lire l’article publié dans Nature Neuroscience (EN)

11. Les « assembloïdes » cérébraux ouvrent de nouvelles perspectives sur le fonctionnement de l’anesthésie

L’étude de la réponse du cerveau à l’anesthésie est avérée difficile : chez l’être humain vivant, il n’existe aucun moyen sûr d’étudier le cerveau cellule par cellule, et chez l’animal, les médicaments agissent simultanément sur de nombreuses régions cérébrales différentes, ce qui rend difficile l’identification précise de l’origine des effets.

Des chercheur(e)s de l’UCLA ont démontré pour la première fois que des « assembloïdes » cérébraux dérivés de cellules souches humaines peuvent reproduire les modifications électriques observées pendant l’anesthésie générale. Au-delà d’une meilleure compréhension de l’anesthésie par les scientifiques, leurs résultats, publiés dans le British Journal of Anaesthesia, élargissent le champ des recherches possibles sur la manière dont les circuits cérébraux humains génèrent — et modifient — leur activité, grâce à l’utilisation d’assembloïdes cérébraux.

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Lire l’article publié dans le British Journal of Anaesthesia (EN)

12. Des organoïdes corticaux humains apportent un éclairage sur l’épilepsie infantile

La dysplasie corticale focale de type II (FCDII), l’une des principales causes d’épilepsie focale pédiatrique pharmacorésistante, résulte de mutations somatiques cérébrales dans les gènes de la voie de signalisation mTOR. Ces mutations peuvent toucher divers types de cellules du cerveau en développement — neurones, astrocytes ou oligodendrocytes —, donnant lieu à un schéma en mosaïque : certaines cellules sont porteuses de la mutation, d’autres non.

Afin de mettre au jour les mécanismes sous-jacents à la FCDII, l’équipe Mosaic du Paris Brain Institute a mis au point une nouvelle approche expérimentale. Les chercheur(e)s ont prélevé des cellules sanguines chez un jeune patient porteur d’une mutation du gène DEPDC5 (l’un des principaux gènes impliqués dans la FCDII) et chez son frère non atteint. Ces cellules ont été reprogrammées en cellules souches pluripotentes induites (iPS), puis différenciées en organoïdes corticaux humains. Cette étude apporte un éclairage nouveau sur la manière dont le déficit en DEPDC5 perturbe la corticogenèse humaine, soulignant que l’inactivation biallélique mosaïque de ce gène est nécessaire à la pathogenèse de la FCDII.

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Lire l’article publié dans Brain (EN)

A NE PAS MANQUER

“Why reproducibility remains a challenge in preclinical research” – Publié dans Drug Discovery News

L’université du Vermont s’est vu attribuer $38 millions pour développer des « jumeaux numériques » destinés au traitement des patient(e)s gravement malades

“NAMs in pharmaceutical development : Survey insights on adoption, infrastructure, and the path to broader implementation” – Graham et al., Regulatory Toxicology and Pharmacology

“Moving Toward Nonanimal Approaches in Medical Research and Testing” – Van Norman & Krebs, Elsevier Book

Sara Bizzotto, chercheuse à l’Institut Imagine, obtient une subvention PEPR Cell-ID pour son projet TUBERLIN

Nouvel épisode de « Cutting to the Case » avec le professeur Don Ingber

WEBINAIRES, ATELIERS, SYMPOSIUMS A VENIR

“AI Day 2026 AI in biopharma : no longer theoretical” – 14 octobre 2026, Georgia Room, NYC (Etats-Unis) et en ligne

“The validation journey of NAMs : practical examples in toxicology” – 20 octobre 2026, Bern (Suisse)

“Workshop : Alternative Methodologies in Pharmaceutical Development” – 20 et 21 octobre 2026, NIH Neuroscience Center Building, Maryland (Etats-Unis)

“From innovation to first-in-human trials : Practical guidance for using NAMs in Australia” – 21 octobre 2026, 16h30-17h15, Gold Coast (Australie)

Asian NAMs’ Landscape : Scientific and Regulatory Perspectives – 22 octobre 2026 12h30-13h30 CET, en ligne

“DAIBR Workshop : Recent Developments in Human-Based Models” – 22 et 23 octobre 2026, NIH Neuroscience Center Building, Maryland (Etats-Unis)

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