La directive S7A du Conseil international d’harmonisation (ICH) sur les études de pharmacologie de sécurité, finalisée en 2000, a joué un rôle essentiel dans la protection des participant(e)s aux essais cliniques contre les effets indésirables des médicaments. Parallèlement, l’émergence des Nouvelles Approches Méthodologiques (NAM) ont élargi les possibilités d’améliorer l’évaluation des risques pour l’humain et de réduire le recours à l’expérimentation animale.
Afin d’examiner les priorités en vue de la modernisation de la ligne directrice, un atelier multipartite a été organisé à Bruxelles en février 2026, réunissant de nombreux acteurs. Dans l’ensemble, les discussions allaient dans le sens de l’élaboration d’un cadre modernisé et fondé sur les risques pour la pharmacologie de sécurité, qui assure une protection solide des sujets humains tout en favorisant l’innovation, l’harmonisation réglementaire mondiale et la mise en œuvre des principes des 3R.
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Le Center for Drug Evaluation and Research (CDER) et l’Office of New Drugs (OND) de la FDA ont toujours encouragé la soumission d’essais non cliniques recourant à des NAM. En 2020, un point de vue de la FDA/CDER sur les stratégies d’essais non cliniques avait été publié, abordant les opportunités et les défis liés à l’utilisation des NAM dans le développement de médicaments, et faisant état des lacunes et des défis.
Un nouvel article éditorial présente le point de vue pharmacologie / toxicologie du CDER/OND sur les approches NAM soumises pour soutenir le développement de nouveaux médicaments, ainsi que sur l’avenir de leur intégration dans les programmes de développement non clinique, à mesure que les technologies scientifiques continuent d’évoluer. Les auteur(rice)s proposent des pistes de réflexion pour améliorer les soumissions de NAM notamment en renforçant la confiance dans leurs efforts continus pour encourager les soumissions de NAM issues d’essais non cliniques en vue de la prise de décision réglementaire, tout en maintenant leur mission de protection de la santé publique et des patient(e)s contre tout préjudice involontaire.
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Alors que les scientifiques, les autorités de réglementation et les décideurs politiques cherchent de plus en plus à réduire le recours à l’expérimentation animale, les « NAM » suscitent un intérêt croissant. Cependant, cet acronyme est utilisé de manière hétérogène, désignant tantôt les « nouvelles approches méthodologiques », tantôt les « méthodes non animales », tantôt encore divers ensembles de technologies.
Ce manque de clarté risque d’engendrer une confusion, des attentes inadaptées et des affirmations exagérées quant aux progrès réalisés. Un nouveau document de synthèse propose une définition harmonisée et axée sur les objectifs, applicable à tous les secteurs et fondée sur des critères spécifiques : « Les NAM sont des technologies qui n’impliquent pas directement d’animaux vivants et qui génèrent des informations mécanistiques ou prédictives afin de faire progresser la compréhension biologique ou d’éclairer les décisions relatives à la santé humaine, animale ou environnementale. Elles s’appuient généralement sur des données, des cellules, des tissus ou des approches computationnelles provenant des espèces cibles. Ces technologies peuvent, mais ne contribuent pas toujours, aux 3R de la recherche animale ».
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Le projet ENVOL (Epidermis Neurone Vascularization On digital Library), soutenu par France 2030, a été lancé le 12 mars dernier en Auvergne-Rhône-Alpes. Il vise à développer un modèle de peau humaine innervée sur puce, une approche encore émergente, à la croisée de la biologie et de l’ingénierie, qui pourrait à terme transformer les pratiques industrielles.
Doté d’un budget de 2 millions d’euros, ce projet rassemble des acteurs des secteurs public et privé autour d’un objectif commun : développer un modèle de peau humaine reconstituée, intégrant à la fois des fonctions immunitaires et une innervation sur une puce microfluidique. ENVOL vise à enrichir ces approches en combinant la réponse immunitaire et l’activité des tissus neuronaux. L’objectif : mesurer l’activité électrophysiologique et produire une « signature numérique » des réactions cutanées.
Lancée le 1er avril 2026, Artemis II est une mission historique de survol de la Lune d’une durée d’environ dix jours, qui a envoyé quatre astronautes plus loin dans l’espace que n’importe quel être humain ne l’a jamais été depuis l’ère Apollo, marquant ainsi une étape cruciale vers une exploration lunaire durable et de futures missions vers Mars.
Le Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering de l’université Harvard joue un rôle central dans la mission Artemis grâce à ses contributions novatrices au projet AVATAR (A Virtual Astronaut Tissue Analog Response). L’expérience AVATAR pourrait marquer un tournant dans la manière dont les agences spatiales étudient les risques pour la santé humaine au-delà de la magnétosphère protectrice de la Terre, en tirant parti de la technologie des organes-sur-puce (OOC).
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Andrew Gaffney, vice-président de la plateforme iPSC chez STEMCELL Technologies, a été désigné parmi les 20 personnalités de moins de 40 ans les plus influentes du secteur des sciences de la vie au Canada pour 2025 par Catalytic Health et Bedford Group/TRANSEARCH. Cette distinction souligne son leadership dans les technologies des cellules souches pluripotentes induites (iPSC), qui transforment des domaines tels que la modélisation des maladies, la découverte de médicaments, les tests de toxicité et la médecine régénérative.
Le Dr Gaffney a joué un rôle déterminant dans la généralisation à l’échelle mondiale de plateformes de cellules iPS de haute qualité, permettant ainsi à des milliers de chercheur(e)s à travers le monde de mener leurs travaux. Fervent défenseur des normes éthiques, de la qualité et de la transparence dans la recherche sur les cellules souches, il s’est vu décerner le Prix du service public de la Société internationale pour la recherche sur les cellules souches (ISSCR) en 2025.
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Le Division of Program Coordination, Planning, and Strategic Initiatives (DPCPSI) du NIH a publié un appel à projets de recherche sur la « modélisation computationnelle de l’homéostasie hormonale », à la recherche d’approches in silico innovantes et en phase initiale pour modéliser les processus biologiques médiés par les hormones et améliorer l’évaluation des médicaments en fonction du sexe.
Grâce à une forte implication et à une contribution active de la communauté scientifique, cette initiative fera progresser le développement d’approches computationnelles in silico permettant de modéliser et de simuler l’homéostasie hormonale humaine, en mettant l’accent sur leur applicabilité à l’évaluation de l’efficacité et de la toxicité des traitements en fonction du sexe. Date limite de dépôt des lettres d’intention (LOI) : 24 avril 2026.
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F3OCI : accéder à la newsletter mensuelleLa schizophrénie est un trouble mental grave et difficile à traiter qui touche environ 1% de la population mondiale. Les traitements actuels ne permettent pas de traiter les symptômes négatifs (manque de motivation, retrait social) ni les symptômes cognitifs (troubles de l’attention ou de la mémoire), qui déterminent l’évolution fonctionnelle à long terme des patient(e)s.
Dans une étude récemment publiée dans JAMA Psychiatry, Florian Raabe, Michael Ziller et leurs équipes ont combiné des données d’imagerie par résonance magnétique (IRM), d’électroencéphalogramme (EEG) et de tests cognitifs provenant de plus de 400 patient(e)s et individus sains avec des données sur l’expression génique et la densité synaptique, basées sur des neurones dérivés de cellules iPS générées à partir d’échantillons sanguins provenant de 80 donneur(euse)s au sein de cette cohorte plus large. Grâce à cette approche, ils ont démontré que le niveau de détérioration synaptique observé dans les neurones dérivés de cellules souches de patient(e)s schizophrènes permettait de prédire leur niveau de déficience cognitive.
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Les modèles neuronaux dérivés de cellules souches pluripotentes induites humaines (hiPSC), associés à des mesures basées sur des réseaux de microélectrodes (MEA), sont de plus en plus utilisés dans l’évaluation de la neurotoxicité de nouvelle génération. Cependant, l’induction neuronale des hiPSC en cellules progénitrices neuronales multipotentes (hiNPC) reste très variable, et les efforts actuels de contrôle qualité se concentrent principalement sur le matériel de départ pluripotent.
Une nouvelle étude montre que l’hiPSCore,un classificateur basé sur l’apprentissage automatique permettant de déterminer précocement le destin cellulaire, identifie de manière fiable les inductions neuroectodermiques réussies aux stades précoces (jours 6 à 12). Les inductions ayant franchi ces premiers points de contrôle de qualité ont généré des réseaux dérivés de sphéroïdes de cerveaux présentant des trajectoires de maturation MEA reproductibles, et des réponses pharmacologiques spécifiques aux sous-types conservées. Ensemble, ces résultats décrivent un cadre de contrôle qualité adaptable qui permet d’interrompre précocement les inductions ayant échoué.
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Dans une étude inédite publiée dans Nature Biomedical Engineering, des chercheur(e)s de l’Université de Berkeley décrivent en détail une méthode permettant d’accélérer le vieillissement biologique des tissus adipeux et hépatiques humains à l’aide d’un système miniaturisé de type « organe-sur-puce ».
En seulement quatre jours, les chercheur(e)s ont réussi à reproduire, avec une grande précision physiologique, environ 40 ans de vieillissement sur des tissus dérivés de cellules souches pluripotentes induites. Cette nouvelle technologie pourrait permettre aux chercheur(e)s de mieux comprendre les mécanismes du vieillissement et de tester des traitements favorisant la longévité sans devoir attendre des années avant d’obtenir des résultats.
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Le développement du cerveau humain, avec son extraordinaire éventail de capacités cognitives, constitue une prouesse impressionnante de l’évolution. Il n’est pas facile d’étudier son développement. Jusqu’à présent, les scientifiques s’appuyaient sur des modèles animaux et sur de rares échantillons de tissu cérébral humain. Mais l’apparition de modèles miniatures de cerveaux humains cultivés en laboratoire, aussi appelés organoïdes, a bouleversé les possibilités.
Un nouvel article publié dans la prestigieuse revue Nature met en avant ces nouveaux outils et explique comment ils dynamisent considérablement l’étude du développement et des maladies du cerveau humain.
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