Alors que la dynamique réglementaire s’accélère à l’échelle mondiale pour réduire le recours aux tests sur les animaux, les plus grand(e)s expert(e)s en systèmes microphysiologiques (MPS), en modèles in vitro complexes (CIVM), organoïdes et technologies d’organes-sur-puce se préparent à se réunir lors du 11e 3D Tissue Models Summit, (28 – 30 avril 2026, Boston). Ce sommet est le seul événement industriel entièrement dédié au développement de systèmes in vitro physiologiquement pertinents, et à leur adoption à grande échelle dans la découverte et le développement de médicaments.
Dans le cadre de la série d’interviews avec les intervenant(e)s de l’événement, Rachelle Prantil‑Baun, scientifique principale chez Novo Nordisk, a expliqué pourquoi cette édition est particulièrement cruciale pour la communauté qui œuvre à la modernisation des sciences précliniques.
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Alors que les modèles non animaux (NAM) passent rapidement du stade de l’innovation spécialisée à celui du développement courant des médicaments, le secteur est confronté à un décalage croissant entre les capacités scientifiques et la préparation réglementaire. Début 2026, l’Industry Alliance for Microphysiological Systems (IAMPS), première association industrielle mondiale dédiée aux MPS, a été créée pour combler cette lacune.
Peu de voix peuvent aborder ce défi avec autant de clarté et d’autorité que celle du Dr. Madhu Lal‑Nag, directrice scientifique d’InSphero et ancienne directrice du Trans NIH RNAi Facility au National Center for Advancing Translational Sciences (NCATS/NIH). Forte de sa double expérience, le Dr Lal-Nag explique pourquoi les NAM ont devancé le langage commun et les preuves dont les autorités réglementaires ont besoin ; pourquoi les idées fausses prolifèrent ; et comment de nouvelles coalitions peuvent proposer des bases de recommandations crédibles. Ses analyses offrent une vision concrète et pragmatique de ce qui doit se produire avant que les politiques publiques puissent véritablement rattraper leur retard.
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Récemment publié, le Rapport d’étape 2025 de l’EURL ECVAM présente un panorama complet des avancées récentes du Laboratoire de référence de l’Union européenne. Ce rapport met également en lumière des innovations scientifiques majeures, notamment les technologies d’organes-sur-puce, l’intelligence artificielle et les approches multi-omiques, qui contribuent collectivement à améliorer la prédictivité, l’efficacité et le respect des normes éthiques en matière d’évaluation de risques.
Alors que la Commission européenne s’apprête à publier une feuille de route pour l’élimination progressive des tests sur les animaux, ce rapport d’étape constitue une ressource essentielle documentant les progrès scientifiques, réglementaires, sociétaux et économiques.
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Les organoïdes sont rapidement devenus de puissants systèmes modèles. La recherche s’oriente vers une sophistication architecturale et une fidélité fonctionnelle accrues, grâce à des expériences longitudinales générant des ensembles de données toujours plus vastes et complexes. De ce fait, les méthodes computationnelles sont devenues indispensables à la conception expérimentale, à l’analyse des données et à la modélisation prédictive, ainsi qu’à l’obtention de connaissances mécanistiques.
Dans une revue publiée dans Trends in Biotechnology, Elena S. Reckzeh et al. dressent un panorama des progrès récents à l’interface de la recherche sur les organoïdes et des approches computationnelles, discutent des principaux défis dans les deux domaines et esquissent les orientations futures pour maximiser l’impact en recherche biomédicale grâce à des efforts convergents et synergiques.
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Un récent rapport issu du troisième atelier des parties prenantes de la communauté mondiale des MPS présente une feuille de route quinquennale détaillant les possibilités offertes par l’ingénierie mono- et multi-organique sur-puce pour différents segments d’utilisateurs, grâce à une convergence technologique proposée.
Les vingt et un auteur(rice)s, représentant tous les groupes de parties prenantes concernés de neuf pays, envisagent une autorisation large et éclairée de nouveaux médicaments et thérapies, fondée sur des données issues de MPS humains, d’ici 2035. Dans cet article d’opinion, les auteur(rice)s soulignent trois défis majeurs qui subsistent dans le développement des MPS : les organismoïdes-sur-puce, la grossesse sur-puce, et la génération automatisée de jumeaux MPS assistés par l’intelligence artificielle (IA).
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Une équipe de recherche de NYU Langone Health et de Sage Bionetworks a reçu une subvention de 25 millions de dollars pour la création d’un centre de données et de coordination pour le programme Complement-ARIE (Complement-Animal Research in Experimentation) des NIH (National Institutes of Health).
Ce financement permettra la création du Centre de données et de coordination NYU-Sage NAMs (NYU-Sage NDHCC), qui facilitera la standardisation, l’harmonisation et le partage des ensembles de données – des tests moléculaires aux cultures 3D en passant par les simulations de populations – grâce à l’architecture cloud. Le NYU-Sage NDHCC favorisera également la collaboration entre tous les membres du consortium Complement-ARIE.
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Conscient du potentiel transformateur de l’intelligence organoïde (IO), le Johns Hopkins University Center for Alternatives to Animal Testing a créé un site web dédié et la communauté IO, véritable plateforme d’échanges pour les chercheur(e)s, technologues, éthicien(ne)s et décideurs politiques. La Conférence internationale inaugurale sur l’intelligence organoïde (ICOI) se tiendra les 26 et 27 octobre 2026 à Washington, D.C.
Les soumissions d’abstract pour l’ICOI sont également ouvertes, mais le nombre de places est limité. Une fois le nombre atteint, aucune nouvelle soumission ne sera acceptée.
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F3OCI : accéder à la newsletter mensuelleAnthropic, laboratoire d’IA de pointe basé à San Francisco, a acquis Coefficient Bio, une jeune entreprise new-yorkaise spécialisée en biotechnologies et en IA, pour un montant légèrement supérieur à 400 millions de dollars, selon les informations de Newcomer et The Information. Cette acquisition permet à Anthropic d’intégrer à sa division santé et sciences de la vie une équipe de moins de dix personnes, composée pour la plupart d’ancien(ne)s chercheur(e)s en biologie computationnelle de Genentech.
Cette acquisition marque une étape importante dans la stratégie d’Anthropic. Anthropic avait annoncé le lancement de Claude pour les sciences de la vie en octobre dernier. Avec Coefficient Bio, Anthropic intègre une équipe qui développait des modèles d’IA spécifiques à la biologie, avec l’ambition, selon la startup, de créer une « superintelligence artificielle au service de la science ».
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Le Nanofat est une technique de greffe de graisse relativement récente, obtenue par émulsification mécanique du tissu adipeux et préparée au chevet des patient(e)s. Initialement décrite pour améliorer la qualité de la peau en injection intradermique, son utilisation se développe en médecine régénérative. Cependant, l’absence de protocoles standardisés et la diversité des dispositifs disponibles sur le marché entraînent une qualité variable des Nanofat.
Une étude collaborative récente, impliquant notamment la start-up française ExAdEx-Innov, lauréate du Prix DVES 2025, présente la première comparaison exhaustive des nanofat obtenus à partir de différents systèmes de préparation disponibles dans le commerce.Cette comparaison combine leurs performances techniques et leurs caractéristiques biologiques. Les produits des lipoaspirations provenant de cinq donneurs sains ont été traités à l’aide de huit dispositifs commerciaux de production de nanofat, utilisant des techniques d’émulsification ou de micronisation.
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Les cellules endothéliales du réseau capillaire cérébral, associées aux péricytes et aux pieds astrocytaires, forment la barrière hémato-encéphalique (BHE). Les systèmes microphysiologiques (MPS) et autres modèles in vitro complexes visent à relever les défis liés à la reproduction des interactions intercellulaires, du microenvironnement cérébral humain, ainsi que de l’abondance et du type de transporteurs ; ceci, afin de créer des modèles au potentiel prédictif accru.
Les membres de l’IQ-MPS (Innovation & Quality Microphysiological Systems Affiliate) ont présenté le point de vue de l’industrie sur l’application des MPS aux tests d’administration de médicaments au cerveau, notamment pour les nouvelles modalités telles que les dégradeurs de protéines ciblés, les produits biologiques, les nanoparticules et les virus. Les auteur(rice)s ont également souligné les points importants à prendre en compte pour la qualification des modèles MPS, ainsi que les domaines dans lesquels les développeurs et les fournisseurs peuvent contribuer à combler les lacunes en matière de développement de modèles.
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Les cadres d’évaluation des risques de nouvelle génération (NGRA) utilisent les NAM pour étayer les décisions réglementaires sans recourir à l’expérimentation animale. Si les approches basées sur les NAM sont bien établies pour l’évaluation des dangers et des relations dose-réponse, la variabilité interindividuelle est généralement prise en compte à l’aide de facteurs d’incertitude par défaut. Une récente étude a évalué une stratégie basée sur les NAM pour quantifier la variabilité spécifique à chaque substance chimique à l’aide d’un modèle cellulaire humain.
À partir de 131 lignées cellulaires lymphoblastoïdes humaines (LCL) issues de quatre sous-populations européennes et africaines, les chercheur(e)s ont évalué les différences de réponses cytotoxiques à 53 substances, incluant des produits chimiques industriels, des produits pharmaceutiques, des pesticides et des composés d’usage courant. L’étude montre que les LCL humaines constituent un modèle in vitro à haut débit pratique pour quantifier la variabilité interindividuelle, renforçant ainsi la fiabilité des prédictions de risques des NGRA. Cependant, les systèmes cellulaires offrent une couverture limitée des effets indésirables et nécessitent une adaptation rigoureuse à la dosimétrie in vivo.
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Une nouvelle revue porte sur l’application des NAM au développement des vaccins. Elle détaille les cadres organisationnels et la mise en œuvre de ces technologies, et explore des pistes pour une adoption harmonisée au sein de l’industrie des vaccins et des organismes de réglementation à l’échelle mondiale. Les auteur(rice)s soulignent comment les NAM peuvent être intégrées aux étapes critiques du développement de vaccins, de l’évaluation précoce de la sécurité aux investigations mécanistiques.
Alors que les organismes de réglementation encouragent l’adoption des NAM, la revue recommande une transition progressive : d’abord la réduction de l’utilisation des animaux grâce à des approches accélérées soutenues par les NAM, puis leur remplacement complet. Cette mise en œuvre stratégique pourrait révolutionner l’évaluation de la sécurité des vaccins tout en garantissant l’intégrité scientifique et la validation réglementaire.
En savoir plus dans le NAM Journal (EN)
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