La situation et des chiffres

Quelques questions clés sur l’expérimentation animale

Combien ?

Le nombre d’animaux utilisés pour la recherche reste important.

En 2015 (derniers chiffres disponibles), près de 2 millions d’animaux ont été utilisés en France pour la recherche (132 134 de plus qu’en 2014). En France, la formation scientifique repose largement sur l’expérimentation animale. Les chercheurs ont du mal à remettre en cause ce modèle qui nous place en tête du peloton de pays consommateurs d’animaux.

Depuis 2000, ce chiffre était assez stable alors que le nombre de publications scientifiques avait doublé tous les trois ans ce qui impliquait que  l’on observait un seul animal à plusieurs stades de la maladie. Cette hausse est donc un signe négatif qui doit nous alerter.

Quelles espèces trouve-t-on dans les laboratoires ?

Les rongeurs restent les animaux les plus utilisés mais on trouve les lapins, les oiseaux ou encore des chiens (3226 en 2015) qui servent à tester certains médicaments candidats. Des laboratoires utilisent aussi des chats, des chevaux ou des ânes, des primates.

Notons que tous ces animaux naissent et sont élevés dans des établissements agréés par le ministère de l’Agriculture. Le nombre de vers et de mouches drosophiles est très important mais ces animaux ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles.

Nous vous proposons de lire une analyse complète ici et de visualiser cette infographie fort bien réalisée parue dans le journal Aujourd'hui en France du 1er février 2018.

 

Peut-on s’en passer ?

C’est déjà le cas pour les cosmétiques, ingrédients chimiques et produits finis, qui ne sont plus testés sur les animaux depuis mars 2013. Ces dix dernières années, l’OCDE a validé une vingtaine de méthodes alternatives pour tester la toxicité des substances. Il est également interdit de pratiquer la disection en collèges et lycées, sur des souris,  ou autres animaux tués dans ce but. Globalement la communauté scientifique est peu motivée par un remplacement de l'expérimentation animale par des méthodes alternatives. Ainsi, certaines méthodes de remplacement validées sont ignorées par les laboratoires qui favorisent l'utilisation animale. Cette routine du "tout test sur animaux" plombe les efforts demandés par la Directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques.

  • Certaines voies de recherches alternatives, sans animaux ont déjà prouvé leur efficacité, mais beaucoup reste à faire pour mettre un terme aux expérimentations animales. Le cadre réglementaire rigide n'autorise pas pour l'instant de se passer des tests sur animaux en Recherche & Développement.
  • N’oublions pas que celle-ci peut avoir des conséquences néfastes sur l’état de santé des patients. Cette iatrogénie (les effets secondaires de médicaments) a un coût humain élevé puisque 130 000 hospitalisations et 10 000 décès par an seraient dus à ces effets délétères (estimation janvier 2013 - chiffre assurance maladie).