Moderniser les évaluations de risques, Modèles précliniques pertinents pour l’humain, L’essor des groupes pharmaceutiques en Chine, Production de cellules à l’aide de capteurs intelligents, et plus

Actus des méthodes non-animales


Actus des méthodes non-animales
16 - 20 FÉVRIER 2026
Moderniser les évaluations de risques, Modèles précliniques pertinents pour l’humain, L’essor des groupes pharmaceutiques en Chine, Production de cellules à l’aide de capteurs intelligents, et plus

NEWS, RAPPORTS, PRISES DE POSITION

1. Transformer notre manière d’évaluer les produits chimiques et cosmétiques

Évaluation de la cancérogénicité

Il est essentiel d’évaluer la sécurité des produits chimiques utilisés dans la vie quotidienne, en particulier en ce qui concerne leur potentiel cancérigène. C’est ce que l’on appelle « l’évaluation de la cancérogénicité ». Traditionnellement, les produits chimiques sont évalués en exposant des souris ou des rats chaque jour pendant deux ans et en examinant s’ils développent des tumeurs. Cette approche est très longue, coûteuse en termes financiers et en nombre d’animaux utilisés, et elle ne fournit pas toujours des prévisions fiables pour les humains. Pour surmonter ces limites, les scientifiques s’orientent de plus en plus vers une approche plus pertinente sur le plan biologique afin d’améliorer l’efficacité de l’évaluation de la cancérogénicité des produits chimiques pour l’humain.

Le Centre commun de recherche (JRC) contribue à cette transition. En collaboration avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le JRC élabore une approche intégrée pour évaluer les substances chimiques qui peuvent provoquer le cancer sans endommager directement notre ADN, appelées « cancérigènes non génotoxiques ». L’absence de méthodologies validées pour évaluer ces substances représente une lacune importante dans l’évaluation réglementaire actuelle de la sécurité.

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Évaluation des cosmétiques

En vertu du Règlement européen sur les produits cosmétiques, les évaluations de la sécurité des produits cosmétiques et de leurs ingrédients doivent être réalisées sans recourir à l’expérimentation animale. Malgré les progrès significatifs accomplis depuis l’interdiction en 2013, il reste urgent de mettre au point des méthodes d’évaluation de la toxicité systémique ne recourant pas à l’expérimentation animale, celle-ci devenant souvent évidente après une exposition répétée ou prolongée.

En réponse à ces défis, le groupe de travail Méthodologique du Scientific Committee on Consumer Safety (CSSC) a organisé en décembre 2024 un atelier afin de discuter des progrès réalisés dans l’application de l’évaluation des risques de nouvelle génération (NGRA) en tant qu’approche stratégique sans recours à l’expérimentation animale. Un nouveau modèle décrivant les critères de préparation pour les NAM (Nouvelles Approches Méthodologiques) a été présenté par le Centre commun de recherche (JRC, Joint Research Centre) de l’UE. Il a été suggéré que ces modèles pourraient aider le SCCS à évaluer la validité scientifique des NAM avant leur utilisation potentielle dans l’évaluation de la sécurité des ingrédients cosmétiques.

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2. La bioconvergence : Nouveau moteur de performance du monde vivant

Au début de l’année 2026, les données humaines précoces sont en train de devenir la norme réglementaire de référence, sous l’impulsion des exigences environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et de la fin des tests systématiques sur les animaux. L’intégration de la biologie, de la physique et de la science des données donne naissance à une nouvelle discipline majeure : la bioconvergence. Pour les décideurs, cette évolution marque la fin de l’innovation cloisonnée et l’émergence d’une médecine fondée sur l’organisation complexe des organismes vivants.

L’adoption de la bioconvergence répond à un triple impératif. Premièrement, la rentabilité, en réduisant le cycle de R&D. Deuxièmement, la durabilité, en minimisant l’utilisation des ressources biologiques et animales. Enfin, un impératif de santé publique : en traitant mieux et plus rapidement, on pourrait réduire la charge qui pèse sur les systèmes d’assurance maladie et le remboursement des traitements.

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3. Pourquoi l’Inde doit se faire le champion des tests pharmaceutiques non animaux

Les arguments en faveur de l’arrêt des tests sur les animaux comprennent des préoccupations éthiques, leur faible valeur prédictive, et le sentiment de leur redondance au XXIe siècle. L’Inde a déjà interdit l’expérimentation animale pour les cosmétiques et a introduit les nouvelles règles relatives aux médicaments et aux essais cliniques (amendement) de 2023 afin d’intégrer davantage les méthodes alternatives à l’expérimentation animale. Avec la publication de la feuille de route de la FDA américaine et le projet des National Institutes of Health américains de ne plus financer les études basées uniquement sur l’expérimentation animale, l’Inde devrait également envisager de tels changements transformateurs.

L’Inde offre un climat favorable aux NAM grâce à des politiques telles que l’amendement aux règles relatives aux essais cliniques et aux médicaments de 2019 et les révisions apportées au document d’orientation sur la toxicologie pour l’enregistrement des pesticides chimiques, ainsi qu’à la présence d’un nombre croissant de laboratoires dans ce domaine. Toutefois, pour devenir un leader dans le domaine des technologies centrées sur l’humain, l’Inde devra réaliser des investissements audacieux, conclure des alliances mondiales et renforcer l’engagement des participant(e)s.

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4. Développement de modèles précliniques pertinents pour l’humain au Royaume-Uni

Des scientifiques britanniques développent actuellement des modèles informatiques et de laboratoire avancés en biologie humaine qui pourraient réduire considérablement les coûts liés aux essais cliniques infructueux et accélérer le développement de nouveaux médicaments. Cependant, à l’heure actuelle, trop nombreux sont les modèles qui ne parviennent pas à passer du stade des laboratoires universitaires à celui du développement commercial de médicaments.

Pour remédier à ce problème, l’Association britannique de l’industrie pharmaceutique (ABPI) et le Centre national 3R (NC3Rs) ont publié une étude historique examinant les capacités du Royaume-Uni à développer des modèles précliniques pertinents pour l’humain dans le domaine du développement médical. Cette étude présente un nouveau cadre de préparation à la transposition (Translational Readiness Framework) permettant d’évaluer la maturité des modèles et identifie les facteurs critiques à prendre en compte pour transformer la science universitaire de pointe en outils commerciaux évolutifs et prêts à l’emploi afin de développer des traitements concrets pour les patient(e)s.

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INTERVIEWS, NOMINATIONS, RÉCOMPENSES

5. Entretien avec Thermo Fisher Scientific : Comment la science adopte une approche plus humaine

Dans le cadre de la nouvelle politique de la FDA américaine, les développeurs de nouveaux médicaments expérimentaux sont désormais encouragés à inclure des données issues des NAM, ouvrant ainsi la voie à un changement sans précédent dans la manière dont la sécurité et l’efficacité précliniques sont évaluées. Dans une récente interview, John Bishop, directeur de la gestion de projets, Recherche et Développement, a expliqué plus en détail les raisons qui motivent le passage aux NAM et comment Thermo Fisher Scientific continue d’innover dans le domaine des outils de modélisation et d’analyse cellulaires afin de permettre à ses clients de tirer parti de cette évolution et de commercialiser plus rapidement de nouveaux traitements.

« Les NAM ne sont pas une tendance à court terme. Je considère cela comme une transformation qui s’étendra sur plusieurs années. La dynamique créée par les organismes de réglementation, les sociétés pharmaceutiques et le monde universitaire continuera de s’amplifier, en particulier dans le domaine de la recherche préclinique. Le défi consistera à acquérir un niveau de contrôle suffisant sur les systèmes NAM afin d’atteindre de manière constante le niveau de précision et de reproductibilité nécessaire pour gagner la confiance des organismes de réglementation », a déclaré John Bishop.

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OUTILS, PLATEFORMES, APPELS

6. ReALiSe : Lancement du groupe de travail sur le remplacement des produits d’origine animale dans la recherche biomédicale

Le Centre 3R d’Utrecht aux Pays-Bas vient d’annoncer le lancement de son groupe de travail Remplacement des produits d’origine animale dans les sciences de la vie (ReALiSe). Anciennement connu sous le nom de groupe de travail Gels & Sera, ReALiSe a élargi son champ d’action et son public. Alors que l’accent était initialement mis principalement sur le sérum fœtal de veau (FCS) et les extraits de membrane basale (BME) tels que le Matrigel, le groupe de travail s’intéresse désormais à un éventail plus large de produits d’origine animale (Animal-Derived Products, ADP) utilisés dans la recherche biomédicale.

Avec ce champ d’application élargi, ReALiSe vise à soutenir les chercheur(e)s dans toutes les étapes du processus de remplacement, depuis l’exploration préliminaire des alternatives jusqu’à la mise en œuvre et la validation dans des protocoles de recherche établis. ReALiSe est désormais ouvert aux chercheur(e)s au-delà de l’Université d’Utrecht et accueille tous les nouveaux membres qui travaillent au remplacement des ADP dans leurs recherches ou qui souhaitent en savoir plus sur les alternatives disponibles. Vous souhaitez rejoindre le groupe de travail ReALiSe ? Veuillez contacter 3RCU@uu.nl.

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7. Nouveau catalogue d’iPSC de Neuro EDDU

L’unité de recherche précoce sur les médicaments (EDDU) de l’Université McGill (Canada) vient de publier un catalogue de cellules pluripotentes induites (iPSCs) provenant de personnes en bonne santé et de patient(e)s atteint(e)s de troubles neurologiques. Il comprend plus de 180 lignées dérivées de patient(e)s et modifiées par CRISPR issues de notre vaste bibliothèque de 250 lignées, qui soutient la recherche sur les systèmes neuronaux et organoïdes.

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INDUSTRIES, BIOTECHS, PARTENARIATS

8. La vague d’accords conclus par les grandes entreprises pharmaceutiques en Chine

Fin janvier, AstraZenecaa annoncé un investissement de 15 milliards de dollars en Chine d’ici 2030, afin de développer sa R&D sur le sol chinois avec davantage de sites de production et en mettant l’accent sur les thérapies cellulaires et les radioconjugués. Cette expansion s’appuie sur la présence de longue date d’AstraZeneca en Chine, qui a débuté en 1993 et qui compte actuellement deux centres de R&D à Shanghai et Pékin.

Lors du Forum financier asiatique à Hong Kong, les dirigeants de Merck et Amgen ont désigné la Chine comme un marché susceptible d’approuver rapidement les médicaments entièrement conçus par l’IA. Le président de Merck Chine, Marc Horn, a suggéré que 2026 pourrait marquer le passage de la découverte assistée par l’IA à des composés entièrement conçus par l’IA entrant dans les pipelines réglementaires, citant les ensembles de données sur les patient(e)s chinois, l’exécution clinique et la récente politique « AI Plus » du gouvernement. Paul Burton, directeur médical d’Amgen, a évoqué un calendrier similaire, considérant 2026 comme l’année où les découvertes basées sur l’IA et la génétique humaine pourraient commencer à se traduire plus directement en candidats-médicaments.

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9. Siemens Healthineers et Mayo Clinic s’associent dans la lutte contre les maladies neurodégénératives et le cancer

Siemens Healthineers etMayo Clinic vont étendre leur collaboration stratégique visant à améliorer le diagnostic et le traitement des maladies neurodégénératives et du cancer grâce à de nouvelles technologies d’imagerie, d’intelligence artificielle (IA) et d’intervention.

Dans le domaine des maladies neurodégénératives, la collaboration porte notamment sur des protocoles d’imagerie par résonance magnétique (IRM) basés sur l’IA afin d’améliorer la précision du diagnostic et le suivi des patient(e)s. Pour le cancer de la prostate, le rôle de l’IA dans la réduction des biopsies sera étudié, ainsi que l’intégration de l’imagerie avancée dans les procédures diagnostiques et thérapeutiques. Dans le domaine du cancer du foie, les efforts se concentreront sur la transposition clinique des technologies guidées par l’image pour la détection et le traitement précis des métastases.

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DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES & PROTOCOLES

10. Traitement des troubles neurologiques : Modèles QSP pour évaluer un nouveau peptide thérapeutique

La rupture de la barrière hémato-encéphalique (BHE) est une caractéristique de plusieurs troubles neurologiques, dont la sclérose en plaques (SEP). Le NX210c, un nouveau peptide thérapeutique, s’est révélé prometteur pour restaurer l’intégrité de la BHE, tant en milieu préclinique que clinique, offrant ainsi un potentiel d’utilisation chez les populations atteintes de SEP et dans diverses affections du système nerveux central présentant des mécanismes similaires.

Une nouvelle étude a évalué le potentiel thérapeutique du NX210c chez des patient(e)s atteint(e)s de SEP à l’aide d’un ancien modèle de pharmacologie systémique quantitative (QSP) actuellement repensé afin de saisir l’interaction dynamique entre l’intégrité de la BHE et l’activité du système immunitaire. Les chercheur(e)s ont validé le modèle QSP à l’aide de données précliniques et cliniques, et ont généré des populations virtuelles représentant des individus en bonne santé et des patient(e)s pour des tests in silico. Leurs conclusions suggèrent que le NX210c pourrait améliorer l’efficacité thérapeutique chez les patient(e)s atteint(e)s de SEP récurrente-rémittente en favorisant la restauration de la BHE et en modulant les réponses immunitaires, offrant ainsi une piste prometteuse pour des stratégies de traitement combinées.

Lire la publication dans IJMS (EN)

11. Organoïdes et modélisation de la morphogenèse du cerveau humain

Les organoïdes cérébraux reproduisent généralement les régions antérieures du cerveau humain en raison de la propension des progéniteurs neuronaux à s’auto-organiser en couches corticales. Chez l’embryon, la structuration du cerveau postérieur est orchestrée par des organisateurs, des centres de signalisation situés à des emplacements antéro-postérieurs qui sont rarement induits in vitro. Ainsi, les modèles postérieurs ne reproduisent pas encore la complexité morphologique de leurs homologues in vivo.

Dans une nouvelle étude, les auteur(e)s examinent comment cette divergence peut provenir de l’incapacité à reproduire la dynamique spatio-temporelle de l’activité organisatrice et comment les technologies récentes peuvent équilibrer la différenciation guidée et l’auto-organisation, améliorant ainsi la fidélité des modèles d’organoïdes du cerveau humain.

Lire la publication dans Developmental Cell (EN)

12. Capteurs intelligents pour une production cellulaire 3D de qualité

Des chercheur(e)s des instituts Fraunhofer pour le génie biomédical (IBMT) et pour les essais non destructifs (IKTS) ont développé conjointement un système de capteurs intelligents qui surveille et optimise en continu l’ensemble du processus de fabrication de modèles tissulaires en 3D. Leur solution permet un contrôle qualité continu dans les bioréacteurs et ouvre de nouvelles perspectives pour les industries biotechnologiques et pharmaceutiques, au-delà des seuls tests de médicaments sans recours à l’expérimentation animale.

« Notre plateforme MAUS [Multimodal Autonomous Sensor Platform] permet un prototypage rapide pour toutes les applications de surveillance. Grâce à sa conception modulaire, elle peut être adaptée de manière flexible et étendue rapidement et facilement pour répondre à tous les besoins », explique Christoph Weingard, développeur en intelligence des capteurs et microélectronique chez Fraunhofer IKTS.

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A NE PAS MANQUER

Lost in la NAMs-lation : Une revue des définitions scientifiques sans animaux

Utilisation d’animaux à des fins scientifiques : Questions éthiques et recommandations – Avis du Comité d’éthique du CNRS

Pourquoi le Japon apparaît-il comme un écosystème très structuré et déterminé à traduire les MPS et les NAM en impact industriel ? – Tribune libre de Jan Lichtenberg, PDG d’InSphero

Le gouvernement britannique a annoncé le renforcement de la collaboration interministérielle pour remplacer animaux utilisés dans la recherche scientifique

WEBINAIRES, ATELIERS, SYMPOSIUMS A VENIR

Symposium EDQM-EPAA : Test pyrogène 2.0 – 25 – 26 février 2026, hybride (Bruxelles et en ligne)

Faciliter le développement de médicaments grâce aux NAM : workflows d’imagerie et d’analyse IA évolutifs pour les puces organiques – 26 février 2026, 17h-18h CET (en ligne)

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