En 2025, la FDA (Food and Drug Administration) américaine a annoncé son plan visant à supprimer progressivement les tests sur les animaux pour l’évaluation des médicaments, grâce aux progrès des Nouvelles Approches Méthodologiques (NAM), notamment la technologie de culture microfluidique d’organes humains sur-puce (OOC). Bien que les OOC soient explorés dans de nombreux laboratoires pharmaceutiques, ils ne sont pas encore intégrés aux processus de développement des médicaments.
Dans un article récent, le Professeur Donald Ingber, Directeur fondateur du Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering de l’Université Harvard, a passé en revue les défis à relever pour combler cet écart et les nouvelles opportunités qui se présenteront. L’article aborde également les travaux supplémentaires nécessaires pour que les OOC puissent réduire l’utilisation d’animaux, diminuer le coût des médicaments, répondre aux objectifs réglementaires et améliorer les résultats cliniques à l’avenir.
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L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans l’évaluation des risques chimiques (CRA – chemical risk assessment) s’impose comme une approche puissante pour améliorer l’interprétation des données toxicologiques complexes et accélérer les évaluations de risques. Cependant, l’adoption de l’IA par les autorités réglementaires demeure limitée en raison de préoccupations liées à la transparence, à l’explicabilité et à la fiabilité.
ReadyAI du projet européen PARC (European Partnership for the Assessment of Risks from Chemicals) a été créé pour relever ces défis en développant un système d’évaluation de la maturité et de l’applicabilité réglementaire des modèles d’IA dans le CRA. Ce projet réunit un consortium multidisciplinaire(expert(e)s universitaires, réglementaires et juridiques) afin de définir des critères transparents et reproductibles englobant la curation des données, le développement et la validation des modèles, l’explicabilité et la quantification des incertitudes. Les efforts actuels portent sur l’identification des priorités clés, notamment l’harmonisation de la terminologie, l’établissement de normes rigoureuses de qualité des données, la réalisation d’études de cas et la formation ciblée des scientifiques des affaires réglementaires.
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Ce prix prestigieux, décerné par la Society of Toxicology (SOT), récompense les contributions exceptionnelles à l’avancement de la science toxicologique par des méthodes qui remplacent, réduisent ou raffinent l’utilisation des animaux (principe des 3R). L’Enhancement of Animal Welfare Award 2026 est décernéau Pr Mathieu Vinken, de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et coordinateur du projet ONTOX, pour ses travaux pionniers en toxicologie hépatique chez l’humain, son rôle de chef de file dans le développement de NAM et son engagement de longue date en faveur de l’évaluation de la sécurité des produits chimiques sans recours aux animaux.
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Ce prix récompense un membre de la SOT ayant apporté une contribution significative à la toxicologie dans les 15 ans suivant l’obtention de son diplôme le plus élevé. Dre. Katie Paul Friedman de l’UL Research Institutes a reçu le SOT Achievement Award 2026 pour son leadership en toxicologie computationnelle et ses contributions aux NAM qui transforment l’évaluation de la sécurité chimique.
Tout au long de sa carrière, la Dre Paul Friedman a mené des initiatives majeures visant à développer, appliquer et renforcer la confiance dans les NAM pour la prise de décisions réglementaires. À l’Environmental Protection Agency (US EPA), elle a joué un rôle central dans le ToxCast program et a également été la chercheure principale de la Toxicity Reference Database (ToxRefDB). Ses recherches ont permis de faire progresser les tests de neurotoxicité endocrinienne et développementale.
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La cartographie de l’exposome humain, c’est-à-dire l’ensemble des substances chimiques auxquelles les individus sont exposés au cours de leur vie, repose sur l’identification de milliers de molécules inconnues présentes dans le corps humain. En combinant des techniques basées sur l’intelligence artificielle et la spectrométrie de masse, les chercheur(e)s peuvent découvrir des liens cachés entre les expositions environnementales et la santé humaine avec une précision sans précédent.
Dans un nouvel article, les chercheur(e)s de l’université Johns Hopkins ont passé en revue la littérature scientifique actuelle sur le fonctionnement de la prédiction du temps de rétention basée sur l’IA, en particulier sur la manière dont l’IA et le machine learning sont utilisés pour rendre ces prédictions plus précises. Dans un récent entretien, Fenna Sillé, directrice adjointe du CAAT, et Danielle Underferth de l’Université Johns Hopkins explorent ce sujet fascinant.
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L’Alternatives Research & Development Foundation (ARDF) annonce l’ouverture des candidatures pour son programme 2026 de subventions. Ce programme finance la recherche visant à développer des méthodes alternatives permettant de remplacer ou de réduire l’utilisation d’animaux dans la recherche. Les propositions sont sollicitées auprès de tout organisme non gouvernemental, à but non lucratif, d’établissement d’enseignement ou de recherche, partout dans le monde et dans un large éventail de domaines scientifiques liés à la recherche alternative.
Les candidat(e)s doivent soumettre une lettre d’intention (letter of intent – LOI) avant de déposer un dossier de candidature complet. La date limite de soumission des LOI est le 20 février 2026. Les candidat(e)s invités à soumettre un dossier de candidature complet (après la phase de LOI) devront le faire avant le 25 mai 2026. Le montant maximal de la subvention est de 50 000 $ pour un projet de recherche d’un an.
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Lantern Pharma Inc., pionnière en oncologie de précision pilotée par l’IA et en développement de thérapies computationnelles, a annoncé la création d’un centre d’excellence en IA et de laboratoires d’IA agentique avancés à Bengaluru, en Inde.
Cette initiative stratégique marque un tournant décisif dans l’évolution de Lantern, qui passe de la découverte de médicaments contre le cancer grâce à l’IA à l’industrialisation de ces capacités à l’échelle mondiale pour l’ensemble de la communauté du développement pharmaceutique. « Nous avons atteint un point d’inflexion déterminant où l’intelligence artificielle, la génomique et les données cliniques convergent pour transformer fondamentalement la découverte de médicaments… », a déclaré le Dr Vijay Chandru, membre du Conseil d’administration de Lantern Pharma.
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Eli Lilly rend sa plateforme d’IA/ML, TuneLab, largement accessible grâce à son intégration avec Benchling, société basée à San Francisco. Plus de 1 300 entreprises de biotechnologie pourront ainsi bénéficier de modèles entraînés sur plus d’un milliard de dollars de données de recherche propriétaires. Cette collaboration répond aux limitations persistantes de l’entraînement des modèles d’IA dans les sciences de la vie, notamment le manque de données de haute qualité et d’infrastructures sécurisées pour leur déploiement.
Lancée en septembre 2025, TuneLab est la plateforme d’apprentissage fédéré de Lilly dédiée à la découverte précoce de médicaments. Elle offre un accès à des modèles d’IA entraînés sur des jeux de données exclusifs précliniques, de sécurité, et moléculaires, incluant les profils ADME, toxicologiques et PK/PD de centaines de milliers de composés. L’accès complet à TuneLab au sein de Benchling devrait être déployé courant 2026.
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Tahoe Therapeutics (anciennement Vevo), Arc Institute et Biohub (CZI) ont annoncé une initiative conjointe visant à créer ce qui serait le jeu de données unicellulaire le plus vaste et le plus riche en données disponibles pour le développement de modèles cellulaires virtuels.Ce jeu de données comprendra plus de 120 millions de profils unicellulaires et 225 000 interactions médicament-patient(e). Il sera publié en open source dans le cadre d’un engagement commun en faveur de la science ouverte.
Cette collaboration fusionne la plateforme Mosaic de Tahoe avec les jeux de données scBaseCount d’Arc et CELLxGENE de Biohub, prolongeant ainsi les efforts précédents qui ont alimenté des modèles d’IA fondamentaux tels que STATE, Tahoe-x1, et TranscriptFormer. Le nouveau jeu de données devrait être plus de quatre fois plus riche en diversité de données que Tahoe-100M, une version de 2025 qui a été téléchargée plus de 250 000 fois et largement adoptée pour l’entraînement et l’évaluation comparative des modèles.
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L’acide benzoïque et ses dérivés sont largement utilisés comme conservateurs dans les produits cosmétiques et alimentaires. Une nouvelle étude évalue quantitativement la pertinence de l’extrapolation des substances apparentées à l’acide benzoïque dans le cadre d’une évaluation des risques de nouvelle génération (NGRA), visant à définir un point de départ (POD), ou point de référence, pour cette classe chimique.
À l’aide d’approches in silico d’approches read-across d’extrapolation, les chercheur(e)s ont délimité des sous-groupes au sein de la catégorie plus large des dérivés de l’acide benzoïque, affinés ensuite par des données de métabolisme et de réactivité afin de caractériser les frontières de la classe. Le profilage pharmacologique, ToxCast et la transcriptomique ont confirmé la faible bioactivité des analogues de l’acide benzoïque et ont identifié des composés hors de la classe définie présentant des profils de réactivité distincts. Cette étude de cas illustre une approche structurée combinant données in silico, mécanistiques et toxicologiques pour définir le POD de classes chimiques à faible toxicité systémique.
Lire l’article dans le NAM Journal (EN)
L’une des principales limitations des organoïdes cérébraux conventionnels réside dans leur absence de vascularisation. Ce manque restreint leur taille, contribue à la formation d’un noyau nécrotique et entrave leur maturation fonctionnelle.
Dans une revue récente, des chercheur(e)s ont exploré comment la vascularisation améliore la pertinence structurelle et physiologique des organoïdes cérébraux et son importance croissante dans la modélisation des maladies et le criblage thérapeutique. En examinant les méthodologies actuelles d’ingénierie des organoïdes cérébraux vascularisés (vascularized brain organoids – vBOs), les chercheur(e)s ont également abordé les limitations actuelles, mis en lumière des approches innovantes, notamment l’utilisation de biomatériaux de nouvelle génération et de technologies de perfusion dynamique, ainsi que de nouvelles perspectives pour la recherche en neurosciences, le développement de médicaments et la médecine régénérative.
Lire la publication dans Cell Proliferation (EN)
Les organoïdes rétiniens sont largement utilisés pour modéliser le développement et les pathologies de la rétine humaine, mais leur utilité est limitée par l’absence de réseaux vasculaires et de projections axonales stables, ce qui contribue à la dégénérescence et à la perte de fonction des cellules ganglionnaires rétiniennes. Pour pallier ces difficultés, des chercheur(e)s ont incorporé des cellules endothéliales dérivées de cellules souches afin d’induire des réseaux transitoires de type vasculaire et ont utilisé des dispositifs microfluidiques pour stabiliser la croissance axonale.
Les organoïdes obtenus présentent une hypoxie réduite, une taille accrue et une apoptose diminuée, indiquant une amélioration de la survie et de la maturation à long terme des cellules ganglionnaires rétiniennes. L’intégration de réseaux microfluidiques de microélectrodes permet des enregistrements stables de l’activité spontanée et de l’activité optogénétique, qui persiste au-delà de la perte de fonction des organoïdes témoins.
Lire la publication dans Cell Stem Cell (EN)
L’un des principaux obstacles à l’identification de thérapies efficaces contre le glioblastome, une tumeur cérébrale agressive, réside dans le manque de modèles humains spécifiques et immunocompétents reflétant le microenvironnement tumoral. Pour pallier ce manque, des chercheur(e)s de l’Université de Californie (UCLA) ont développé le modèle de transplantation tumorale par organoïde immunitaire humain (iHOTT – immune-human organoid tumor transplantation), une plateforme de co-culture autologue intégrant des cellules tumorales dérivées de patient(e)s et des cellules mononucléaires du sang périphérique compatibles au sein d’organoïdes corticaux humains.
Cette plateforme préserve les populations tumorales et immunitaires, la signalisation immunitaire et les interactions intercellulaires observées dans les tumeurs des patient(e)s. Le traitement de l’iHOTT par le pembrolizumab, un inhibiteur de point de contrôle immunitaire, reproduit les changements de types cellulaires et les interactions intercellulaires observés chez les patient(e)s. Leurs résultats établissent l’iHOTT comme une plateforme physiologiquement pertinente et soulignent la nécessité de stratégies ciblées sur les antigènes afin d’améliorer l’immunothérapie du glioblastome.
Lire la publication dans Cell Reports (EN)