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Notre Argumentation Scientifique
Certains scientifiques opposés à l’expérimentation animale ne le sont pas seulement pour des raisons éthiques mais pour des raisons scientifiques et écologiques.
L’argument qu’Aucune espèce n’est le modèle fiable d’une autre peut se démontrer logiquement et scientifiquement :
En effet, une espèce est définie par son isolement reproductif, c’est à dire qu’elle ne peut se reproduire qu’entre les membres d’une même espèce et non avec ceux d’une autre.
Elle se caractérise aussi par ses chromosomes. En effet les chromosomes d’espèces différentes sont aussi différents. Or les chromosomes d’un individu déterminent toutes ses activités biologiques. Les activités biologiques de 2 espèces différentes étant différentes, une espèce ne peut pas être le modèle fiable d’une autre.
Un exemple parmi d’autres :
On remarque dans cet exemple que le chimpanzé a réagi de façon opposée, différente et identique à la réaction humaine. Ainsi se fier au résultat d’un modèle animal pris comme modèle humain est hasardeux et revient à jouer notre santé à la roulette russe.
On comprendra mieux ainsi les accidents si nombreux dus aux médicaments pourtant longuement testés sur les animaux.
- "Rien qu’en France chaque année, 1,3 million de personnes sont hospitalisées victimes d’effets secondaires de médicaments", Bernard Kouchner, Le Monde, 13/11/1997...
...Pourtant, ces médicaments sont réputés inoffensifs parce que testés sur les animaux.
Pour beaucoup, l'expérimentation animale est discutable sur le plan moral mais nécessaire, dans l'état actuel des connaissances, pour assurer l'efficacité et la sécurité des médicaments. Pourtant, nous démontrons, en répondant aux questions les plus fréquemment posées par les défenseurs du modèle animal, que ceux-ci ont tort.
Cela consiste à faire des expériences chirurgicales, toxicologiques ou autres sur des animaux vivants. Dans le courant du XIXème siècle, les chercheurs qui ont imposé ces pratiques se nommaient eux-mêmes vivisecteurs. De nos jours, les adeptes préfèrent parler d'expérimentation animale, terme moins évocateur de scalpel et d'agonie mais qui recouvre la même réalité, notamment: utilisation de tissus ou d'organes animaux comme pièces détachées ou ingrédients pour des vaccins ou des médicaments; utilisation d'animaux comme fabriques, d'insuline, par exemple; animaux utilisés comme modèles de maladies humaines; animaux utilisés pour tester l'efficacité ou l'innocuité d'une substance chimique; recherche fondamentale en physiologie; dissections dans l'enseignement en biologie et pour l'entraînement des futurs chirurgiens.
De loin, souris et rats. Tout simplement parce qu'il est possible d'en stocker beaucoup dans la même pièce, ils sont peu chers à nourrir, ils atteignent la maturité en moins d'un an et l'on peut donc en étudier plusieurs générations en quelques années. Céder à la solution de facilité, c'est ignorer les différences qui rendront inutiles à l'homme ces résultats. Entre autres, les rongeurs ont un métabolisme plus lent que les humains, ils métabolisent et excrètent autrement les substances toxiques, certains fabriquent la vitamine C tandis que nous ne pouvons l'obtenir que de nos aliments, leurs besoins en protéines sont plus de trois fois les nôtres.
C'est vrai que certaines lignées de souris développent des tumeurs et qu'il est tentant de s'en servir comme modèles d'études. C'est vrai que ces tumeurs sont localisées dans des tissus ou des organes dans lesquels les humains aussi développent des tumeurs: glandes mammaires, foie, thyroïde, poumons... Pourtant, ces tumeurs ont des causes et des évolutions différentes dans les deux espèces et réagissent de façon très différente aux traitements, de sorte que les études sur la souris ne permettent en aucune façon de prédire ce qui se passera chez l'humain.
C'est un animal qui est censé être atteint, naturellement ou de façon induite, d'une maladie propre à l'humain, ou que l'on utilise pour étudier les effets d'une substance chimique. On espère que le résultat sera transposable à l'homme. On a donc fait l'hypothèse que la maladie a les mêmes causes, atteint les mêmes organes et que le traitement découvert aura exactement les mêmes effets sur l'homme et sur l'animal choisi comme modèle. Or, cette hypothèse est fausse. L'évolution et l'apparition des espèces s'est faite, depuis 3,5 millions d'années, par des changements moléculaires au niveau de l'ADN. Une espèce est définie par ses caractéristiques génétiques uniques. Les gènes confèrent les spécificités biologiques, la façon dont une cellule d'une espèce donnée réagit aux nutriments, à l'environnement, à des substances chimiques. Ces différences, déjà importantes au niveau cellulaire, induiront des différences spectaculaires lorsqu'il s'agira d'étudier les réactions de l'organisme entier. Chaque espèce est atteinte de maladies qui n'ont pas d'équivalent chez les autres espèces. Chacune réagira de façon différente à un médicament. Aucune espèce ne peut donc servir de modèle pour une autre. Ceux qui désignent tel ou tel animal pour obtenir des résultats dont ils prétendent faire profiter les hommes ne se fondent sur aucune raison scientifique. Leur choix est purement arbitraire, puisque l'on peut démontrer que même des espèces en apparence très semblables à nous, comme les singes, présentent trop de différences génétiques, et donc biologiques, pour que les résultats obtenus en les étudiant soient utiles pour les humains.
Il se trouve des vivisecteurs pour prétendre qu'en étudiant un animal entier, on obtient des résultats plus fiables que sur une culture de cellules, et que l'on peut contrôler un nombre important de paramètres. Ils ont raison. C'est même une évidence. Mais de quelle utilité seront ces résultats puisque les réactions de l'animal sont différentes des nôtres? C'est bien parce que les études sur l'animal ne sont pas fiables qu'il est, de toutes façons, nécessaire de tester les médicaments sur les humains au cours d'essais cliniques, avant de les mettre sur le marché.
Un cœur est un cœur et un rein et un rein. Chez le lapin comme chez la girafe. Mais d'une part, ces résultats sont acquis depuis longtemps. Et d'autre part, on aurait aussi pu les acquérir par la dissection de cadavres humains. Galien, dans la Rome ancienne, a forgé une partie de son savoir anatomique en soignant les blessures des gladiateurs. Alors, à quoi peut bien servir, aujourd'hui, la dissection d'animaux? On pense aux futurs chirurgiens et on se sent rassuré de savoir qu'ils se font la main sur des animaux. Erreur. Lors de sondages, des étudiants en médecine et des médecins ont, en grande majorité, déclaré qu'observer les humains était le meilleur moyen d'apprendre. Les chirurgiens apprennent à opérer en regardant d'autres chirurgiens. Beaucoup admettent que l'entraînement sur des animaux provoque des confusions dans les procédures. Des ophtalmologues ont développé la kératotomie radiale sur des lapins, mais ils ont rendu complètement aveugles plusieurs humains avant de trouver la procédure correcte. La greffe d'organes est une autre technique mise au point sur des animaux. Résultat, les premières opérations d'humains ont toujours échoué.
L'idée prévaut encore, dans le grand public, que sans les animaux, les chercheurs seraient démunis. Rien n'est moins vrai. Puisqu'il s'agit de trouver des traitements pour l'humain, c'est l'humain qu'il faut étudier. C'est tout à fait possible, sans lui infliger les tortures que l'on fait quotidiennement subir, inutilement, à des millions d'animaux.
Avant que la maladie ne se déclare et n'envahisse un organe ou l'organisme entier, c'est dans les cellules que les dysfonctionnements apparaissent. Si une substance est toxique, c'est la cellule qui réagira la première. Toute étude de toxicologie devrait donc se faire, non pas sur des animaux dont les cellules réagiront autrement que les nôtres, mais bien sur des cellules humaines en culture. Il est possible de maintenir en vie non seulement des cellules mais aussi des tissus, comme la peau, ou des organes sous perfusion.
Pour ceux qui tiennent à observer l'organisme dans son ensemble, il existe quantité de méthodes non invasives permettant, là aussi, d'étudier l'humain. De visualiser un organe en fonctionnement. Citons la tomographie par émission de positrons (PET), l'imagerie en résonance magnétique (IRM), l'échographie. Nombre de dosages biochimiques sont réalisables sur l'homme.
La biologie humaine peut aussi tirer un grand parti de l'informatique et d'autres techniques modernes: modélisation mathématique; micropuces à ADN permettant d'observer des milliers de gènes, leurs interactions et les protéines qu'ils codent; logiciels adaptés à diverses études; simulations informatiques. D'énormes quantités de données ont été collectées dans les vingt dernières années et gisent au fond de disques d'ordinateurs et autres bandes magnétiques. Rien que le séquençage du génome humain a généré bien plus de données qu'il n'y a eu de temps et de chercheurs compétents pour les analyser. Une meilleure collaboration entre scientifiques du monde entier et le partage des mines de données existantes permettraient des avancées spectaculaires.
Encore un exemple, l'épidémiologie, technique ancestrale puisqu'elle a vu le jour dès le XVIIème siècle, pourrait aussi bénéficier de l'informatique pour devenir l'une des disciplines clés dans la prévention des maladies.
En ce qui concerne la formation des médecins, il existe des cours en vidéo et sur CD-ROM. La dissection peut aussi être enseignée grâce à des animaux en plastique. Certaines sociétés se sont spécialisées dans leur fabrication.
Et lorsqu'il s'agit, non de faire avancer la recherche fondamentale mais bien de préserver la santé humaine, l'éducation et la prévention devraient avoir un rôle prépondérant. On s'épuise, on engloutit des sommes d'argent pharamineuses et on décime des millions d'animaux en cherchant des traitements contre le cancer, par exemple, alors qu'une bonne hygiène de vie et une nutrition saine pourraient faire chuter le nombre de cancers de 30 à 40%. On estime que les deux tiers des maladies pourraient être évitées.
A quoi bon tester un médicament sur l'animal puisque, de toutes façons, la réponse de l'humain sera différente? Même sur des espèces proches, les essais de médicaments ou de substances toxiques ne donnent pas les mêmes résultats. Dans une étude, seuls 54% des produits testés sur des rats et des souris provoquaient des cancers sur les deux espèces. C'est-à-dire que pour un produit donné testé sur une de ces deux espèces, il y a 50% de chances pour qu'il ait le même effet sur l'autre. Autant jeter une pièce en l'air et voir si elle tombe côté pile ou côté face. Autre exemple, la benzédrine, provoque des cancers de la vessie chez les humains, du foie chez les hamsters et de l'oreille moyenne chez les rats.
D'autres études ont montré que des individus d'une même espèce mais de sexe différent réagissaient différemment. Sur 33 substances qui provoquaient des cancers chez la souris et le rat, 13 seulement provoquent ces cancers à la fois chez le mâle et la femelle.
Quant on sait que la plupart des volontaires pour tester des médicaments pour les humains sont des hommes, la pharmacovigilance (étude des effets secondaires d'un médicament) devrait être plus approfondie chez les femmes.
De nombreux polymorphismes existent entre individus de la même espèce et peuvent expliquer les différences de réponse aux médicaments. Ainsi que l'a montré l'émergence, il y a quelques années de la pharmacogénomique, deux individus humains auront des réactions différentes à une même dose de médicament. Comment espérer, alors, que des individus pris au hasard dans une population d'une espèce donnée puissent servir de modèles pour la mise au point de traitements sur une autre espèce? Les vrai cobayes sont les volontaires qui participent, en toute légalité et après avoir reçu tous les renseignements nécessaires, aux essais cliniques. Même après la mise sur le marché, il faudrait garder présent à l'esprit que prendre un médicament revient à prendre un risque. Les laboratoires pharmaceutiques le savent bien et la plupart rassemblent les données de la pharmacovigilance. Ne serait-il pas souhaitable que ces dossiers soient accessibles aux utilisateurs? Dans l'intérêt de ceux-ci, bien sûr, pas dans celui des laboratoires, qui risqueraient d'y perdre nombre de leurs produits.
Malgré ces faits, il est obligatoire de tester un futur médicament sur des animaux. Prouver son efficacité et son absence de toxicité. Pour les produits cosmétiques, au contraire, il n'existe pas d'obligation légale de test sur des animaux. Aux Etats-Unis, la FDA encourage même les techniques qui n'utilisent pas les animaux. Pourtant, aussi bien pour des médicaments que pour des cosmétiques, les fabricants procèdent volontiers aux tests sur les animaux. Surtout parce que, en cas de litige, si on leur oppose que leur produit est toxique, ils peuvent répondre que non, puisque les souris auxquelles on a administré ce médicament n'ont pas été affectées. Cet argument est accepté comme preuve de l'innocuité du produit.
Ces tests sont également pratiques pour biaiser les résultats dans le sens qui favorise le commanditaire du test. Par exemple, des souris de lignée A ou C3H nourries grassement auront mille fois plus de chances que des souris de lignée C57B1 soumises à un régime alimentaire sain, de développer un cancer en réponse à une substance chimique donnée. Choisissez donc l'une ou l'autre lignée et adaptez le régime alimentaire selon que vous veuillez démontrer que la substance en question est cancérigène, ou le contraire.
"Avant tout, ne pas nuire". Hélas, les chercheurs qui utilisent les animaux ont ignoré ce précepte et nombre de leurs résultats, appliqués aux humains, se sont révélés désastreux. Voici un début de liste d'exemples, malheureusement loin d'être exhaustive:
Oui. Heureusement, la liste est longue aussi. En voici le début:
Il s'agit de prélever des cellules, du tissu ou un organe sur un animal pour les greffer sur un humain. Non, ce n'est pas aussi simple. Un organisme reconnaît la partie greffée comme ne lui appartenant pas et déclenche une réaction de rejet. Cette réaction se produit même si l'organe appartient à un autre individu de la même espèce. A plus forte raison d'une espèce différente. L'animal le plus utilisé actuellement est le cochon. Pour résoudre les problèmes de rejet, il y a d'une part les médicaments anti-rejet, qui affaiblissent le système immunitaire du patient receveur d'organe et, d'autre part, l'utilisation de cochons génétiquement modifiés, intégrant des gènes humains. Pour autant, les cochons restent des cochons. Même si la greffe réussit, beaucoup s'inquiètent du risque que représente la possible introduction accidentelle d'un virus du cochon dans l'organisme humain. Tous les animaux, y compris l'homme, hébergent des virus endogènes qui ne deviennent pas pathologiques. Pourtant, un virus inoffensif pour l'espèce qui l'héberge peut devenir dangereux s'il est amené à infecter une autre espèce. Ceci est une des explications de l'apparition du virus du SIDA, qui serait apparenté à un virus endogène de singe. Un virus introduit au cours d'une xénogreffe pourrait muter et devenir dévastateur. Ce n'est qu'un risque, mais il est bien réel.
Encore une fois, l'espoir ne devrait pas être placé sur l'utilisation des animaux mais plutôt sur les greffes d'organes humains. Dans certains pays, le prélèvement d'organes sur une personne qui vient de décéder est autorisé, sauf si cette personne a clairement manifesté, de son vivant, son refus de donner ses organes. Quant la Belgique, par exemple, a adopté cette loi, les dons d'organes ont presque doublé.
Le scientifique de renom a acquis sa renommée en publiant beaucoup d'articles et il lui serait très pénible, après avoir consacré sa vie à des recherches sur des animaux, d'admettre que ces recherches n'ont pas apporté grand chose à l'humanité, ou pire, qu'elles ont mis en danger la santé des humains. Reconnaître ses erreurs et en tirer des leçons demande du courage. Plus que de courage, d'autres manquent de clairvoyance: absorbés dans leurs recherches, ils ne songent pas à l'intérêt de leurs travaux. Ils suivent la tradition, culturelle ininterrompue, sans se préoccuper des possibles, ou impossibles, applications de leurs découvertes pour l'intérêt des autres humains.
Le salaire, la sécurité de l'emploi, autre raison de se taire. En France, au sein même du C.N.R.S., des chercheurs authentiques, ayant mis au point des techniques innovantes mais allant, peut-être, à l'encontre des intérêts des fournisseurs d'animaux et des groupes pharmaceutiques, se sont vu confiner dans un bureau exigu, sans paillasse et sans crédits.
La célébrité, encore une motivation. Comment se faire un nom? En publiant beaucoup. Pour les moins scrupuleux, une méthode courante consiste à prendre des résultats existants, refaire les expériences sur une autre espèce, apporter quelques changements au protocole et écrire un nouvel article. Les chercheurs qui publient le plus reçoivent plus d'argent et peuvent faire plus d'expériences. Peu de grains de sable viennent gripper l'engrenage. Prenons l'exemple d'une multinationale pharmaceutique. Plus il y a de tests réalisés, plus il y aura de médicaments mis sur le marché, plus il y aura de revenus, plus le laboratoire aura les moyens de financer la propagande pour ses produits, touchant même le grand public par le biais d'annonces, très rassurantes, dans les quotidiens et autres médias non spécialisés. Les opposants à la vivisection, eux, sont souvent présentés comme de doux rêveurs ou de dangereux extrémistes. Les petites associations n'ont pas les moyens de se payer des annonces dans la presse et, même lorsqu'elles y parviennent, il arrive qu'elles se voient refuser les espaces. Les magazines ne veulent pas mécontenter des annonceurs plus puissants, source de revenus réguliers. A l'ère de la communication, à la télé, sur tous les médias, les informations les plus pertinentes, les plus utiles pour notre santé, ne sont pas forcément les plus accessibles. Elles sont noyées sous un déluge d'informations générées par ceux qui ont les moyens de faire publier ce qu'ils veulent.
Un chercheur honnête, conscient de ses responsabilités, est défavorisé dans le milieu de ses pairs. Les directeurs de revues spécialisées sont très sensibles à l'idée que la communauté scientifique se fait de ces revues. Ils renaclent à publier des articles de chercheurs qui remettent en cause ce chimérique modèle animal. D'où la difficulté, pour ces chercheurs, de se faire connaître et d'obtenir des crédits.
Ce que nous rejetons n'est pas le médicament mais la façon dont il a été découvert. Bien sûr, il existe des substances efficaces et sûres et tout le monde est content de les trouver à sa disposition. Il n'est pas question de les mettre à la poubelle ou d'arrêter de les produire. Ni de faire un procès aux chercheurs qui les ont découvertes. Quand on joue aux dés, il arrive qu'on gagne. De même, en utilisant des animaux, il est arrivé qu'on découvre une molécule intéressante. Mais cette découverte aurait pu se faire sans les animaux et on aurait pu éviter tous les accidents que les tests sur les animaux ont provoqués. Nous ne demandons pas l'arrêt de la fabrication des médicaments. Bien au contraire, nous démontrons qu'il existe des méthodes sûres et peu coûteuses pour trouver des médicaments efficaces et nous demandons que ces méthodes-là soient utilisées, plutôt que les hasardeux essais sur les animaux.
Des propos pas très Net !
Les forums de discussion sur le web sont un moteur moderne de la démocratie. Les idées y circulent, les débats vont bon train et la désinformation n’est parfois pas loin...
Nous avons répondu à un internaute dont les propos virulents et inexacts devaient être corrigés sans réserves. Par Christophe Furger.
" Les tests in vitro n'ont aucun intérêt lorsqu'on ne connaît pas le niveau d'exposition réel des cellules testées ! "
.. Mesurer la toxicité est un domaine extrêmement complexe qui ne peut se résumer par la formulation lapidaire et par trop simpliste ci-dessus. Je renvoie notre lectrice au règlement 440/2008 de la commission européenne (journal officiel de l’union européenne du 31 mai 2008) lequel expose sur 739 pages les méthodes animales et alternatives applicables en Europe ! Pour ne citer qu’un exemple très simple, appréhender une toxicité aiguë ou un effet sur la reproduction (reprotoxique) fera appel à des contextes physiologiques et des méthodes de mesure radicalement différents. Par ailleurs, n’oublions pas que la biologie est une science expérimentale et que le « niveau d’exposition réel » d’un contaminant sur un modèle vivant quel qu’il soit (cellule, animal, être humain) n’est pas mesurable. Plus modestement, les méthodes de toxicité, animales ou in vitro, essaient de mimer, avec plus ou moins de réussite, le comportement de l’organisme humain face à un contaminant. Pour cela, une approche intéressante consiste à corréler les résultats observés avec les effets répertoriés dans l’espèce humaine. Le niveau de corrélation permet ensuite de comparer les méthodes (animales vs alternatives, par exemple) et surtout de vérifier leur niveau de prédiction de l’effet observé chez l’humain.
Avant d'arriver aux cellules, une molécule doit traverser une muqueuse, être transportée par le sang etc.
Certes, et elle peut de plus subir des biotransformations (ou au contraire présenter une rémanence), etc… L’organisme montre un grand niveau de complexité et les paramètres à évaluer sont presque infinis. De plus, au sein d’une même espèce, il existe des variations individuelles importantes qui brouillent les pistes. Il est illusoire et simpliste de croire qu’un animal de laboratoire, différent en tout point de l’homme (par son comportement, sa physiologie, sa distance phylogénétique, son niveau de stress en cage, son cycle de reproduction, etc…) est forcément un bon modèle parce qu’il présente une muqueuse et des vaisseaux sanguins qui transportent les contaminants ! En terme de méthodes de toxicité, la meilleure sera celle qui apporte une prédictivité optimale des effets observés chez l’humain.
Pour savoir dans quelle quantité elle est absorbée, dégradée etc., on a toujours besoin de tests sur des animaux.
Savoir « dans quelle quantité » la substance « est absorbée, dégradée » est une information, pas une fin en soi. Ces considérations (administration, dégradation, métabolisme, élimination) sont à replacer dans le contexte spécifique du développement d’un médicament. Par défaut, les tests animaux y sont actuellement appliqués avec une épée de Damoclès qui pointe sur les résultats : le risque encouru de l’extrapolation vers l’espèce humaine et les complications qui peuvent survenir lors des essais cliniques chez le patient, voire après la mise sur le marché du médicament. Cela dit, il est vrai que les méthodes alternatives sont peu avancées dans ce domaine. En tout cas, aucune barrière conceptuelle n’empêche d’imaginer des tests réalisables hors du contexte animal. En effet, l’apport informatif d’un organisme peu extrapolable à l’homme n’est pas formellement supérieur de celui issu de modèles plus simples, certes moins physiologiques, mais représentatifs de l’espèce humaine comme des cellules en culture.
En gros, ce sont de fausses alternatives puisque ces tests n'ont pas d'intérêt sans test animal au préalable.
À trop vouloir simplifier, on frôle le syllogisme…