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partir du 06/03/2009
Paris, le 06 Mars 2009
Madame la Député, Monsieur le Député,
La Directive Européenne CEE 86/609 devant déterminer la politique de la Commission Européenne en matière d’expérimentation animale pour les prochaines années est sur le point d’être modifiée.
Le Comité Scientifique ProAnima, qui œuvre pour le récolement, le développement et la promotion des méthodes alternatives à l’expérimentation animale, a pour objectif de faire bénéficier l’espèce humaine des progrès des sciences et de la biologie.
Nous déplorons le fait que les révisions prévues n’apportent peu d’incitation pour stimuler le développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale, et encore moins d’en hâter les validations.
Pourtant, nombreux sont les arguments scientifiques contre l’utilisation d’animaux dans la recherche biomédicale, comme pour la toxicologie. Rien qu’au Royaume-Uni, une enquête auprès de 500 médecins, publiée dans The Scotman du 1er Septembre 2004 indiquait que plus de 80% des médecins interrogés ne faisaient pas confiance aux résultats d’expériences conduites sur les animaux et demandaient une étude indépendante sur l’efficacité des tests sur animaux.
En 2006, 250 eurodéputés ont signé une déclaration EDM (Early Day Motion), afin d’attirer l’attention du Parlement et de faciliter l évaluation scientifique indépendante et transparente concernant l’utilisation des animaux comme modèles humains pour tester l’efficacité des médicaments ainsi que pour la recherche médicale. Le Dr Gibson a déclaré : « Nous allons déposer une nouvelle proposition (EDM) et je pense qu’il y aura beaucoup de députés pour nous soutenir. La déclaration demandera aussi une évaluation de l’efficacité des tests sur les animaux. »
Par ailleurs, le Dr Alan Roses, responsable scientifique pour la génétique chez Glaxo affirme « 90% des médicaments sont efficaces pour 30-50% des patients » (The Independant 08/12/03). Ceci illustrerait les raisons pour lesquelles les effets secondaires de médicaments sont la quatrième cause de mortalité dans la plupart des pays occidentaux (Journal of the American Medical Association avril 1998 et British Medical Journal Juillet 2004)
En 2006, des tests de sécurité sur des singes ont abouti à l’essai clinique désastreux de Northwick Parck, et le médicament anti douleur Vioxx a fait prés de 320 000 victimes humaines d’attaques cardiaques (dont 120 000 décès), alors que ce médicament s’était avéré cardio-protecteur chez les animaux ! (News England Journal of Medecine 2004,351 :1717-9)
Toutes ces informations graves devraient nous interpeller sur nos méthodes actuelles d’évaluation de la toxicité.
Ceci démontre qu’aucune espèce ne peut être le modèle fiable d’une autre, chaque espèce étant définie par son isolement reproductif unique. La recherche doit donc devenir spécifique de l’espèce concernée.
Nous demandons la validation urgente des méthodes alternatives et que le budget consacré aux tests in vitro soit le même que celui consacré aux tests sur animaux.
Nous désirons également que comme pour la déclaration d’Helsinski, l’expérimentation animale devienne optionnelle et non obligatoire (tout comme l’Objection de Conscience).
Ces nouvelles méthodes issues principalement des progrès de la biologie, de l’informatique, de l’imagerie médicale… sont susceptibles de générer des emplois nouveaux dans l’Union Européenne.
Nous ne voulons pas croire que le Parlement Européen puisse passer à coté de l’opportunité unique de devenir pionnier en matière d’expérimentation scientifique sans animaux, et se faire ainsi le porte parole International d’une science véritablement moderne, éthique, et fiable.
Avec nos remerciements anticipés pour votre bienveillante attention, nous vous prions d’agréer, Madame la Député, Monsieur le Député, l’assurance de notre très haute considération.
Professeur Jean-François BEQUAIN
Président
P/O Christiane LAUPIE-KOECHLIN
Fondatrice – Secrétaire Générale
Comité Scientifique Pro Anima,