partir du 31/05/2010
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partir du 11/12/2009
Rome : du 30 août au 3 septembre 2009
Thomas Hartung (ancien Directeur de l’ECVAM ( European Center for the Validation of Alternative Methods)) a inauguré le congrès par un discours tranché montrant que les contraintes posées par la directive REACH auront du mal à être tenues. En effet, le nombre de pré enregistrements de substances par les industriels – 130 000 à la seule date d’aujourd’hui – dépasse de beaucoup les prévisions initiales du programme qui tablaient sur 30 000 substances à tester dans un premier temps. A ce rythme, le coût de REACH se chiffre en dizaines de millions d’animaux sacrifiés et en milliards de dollars. Le besoin en tests alternatifs est plus que jamais urgent.
Les américains sont très présents avec leur programme national « Tox21 » (dirigé par Raymond Tice) qui regroupe les forces du NTP (National Toxicology Prgramme) de l’EPA (Environnement Protection Agency) et du NIH. « Tox21 » met en avant les méthodes alternatives, le besoin de haut débit – la toxicité de la grande majorité des substances n’a toujours pas été évaluée – et le développement de modèles prédictifs.
Christopher Austin du programme « Tox21 » soutient l’idée que les tests cellulaires sont plus pertinents que les tests animaux pour l’évaluation de la toxicité. Son équipe a déjà collectée une banque de plus de 10 000 composés afin de les soumettre à toute une série de tests cellulaires pour éprouver la fiabilité de ces derniers.
Maurice Whelan de l’ECVAM convient qu’avec l’arrivée de REACH, de la directive Cosmétique, des politiques d’environnement et de santé en Europe, et de l’émergence des nanomatériaux, il y a urgence dans la mise à disposition de tests alternatifs à haut débit. Cet aspect est dorénavant pris en compte par l’ECVAM dans les processus de validation. Le hollandais Kis van Leeuwen précise que les états d’esprit doivent évoluer et développe la notion dite ITS (Intelligent Testing Strategies) qui utilise le croisement des données disponibles en montrant qu’elle est nécessaire si on veut atteindre les objectifs de REACH.
Les japonais – avec Noriho Tanuka comme porte parole – travaillent sur des tests cellulaires très intéressants, dits CTA, en particulier sur le domaine de la cancérogenèse (programme NEDO). Ces tests sont en développement depuis les années 80. Le protocole pour leur validation, présenté par Rafaella Corvi de l’ECVAM, débute seulement. Le Japon est globalement très actif sur le développement des tests alternatifs. Il s’agit d’une volonté issue des chercheurs et des pouvoirs publics dans la mesure où l’opinion n’est pas particulièrement sensibilisée au problème du sort des animaux. Les organismes de validation japonais (JaCVAM) et américain (ICCVAM) travaillent main dans la main.
Le COLIPA (association des industriels de la cosmétique) est très présent dans l’organigramme du congrès. Pauline McNamee décrit le processus de validation par l’ECVAM du test alternatif au test Draize pour évaluer l’irritation de l’œil. Le programme a débuté en 1991. Un workshop a été organisé en 1997 pour discuter des résultats de la recherche fondamentale, suivi d’un dépôt à l’ECVAM en 1998. Il ressort qu’une combinaison de tests alternatifs sont nécessaires pour remplir l’ensemble des critères couverts par le test Draize. L’évaluation est toujours en cours ! Le COLIPA s’intéresse également très sérieusement au développement de tests alternatifs pour évaluer la génotoxicité. Les tests connus ont très peu de spécificité et présentent de nombreux faux positifs. Un programme de trois ans est actuellement financé sur la problématique.
Jean Roch Meunier fait le point sur les nombreux programmes en cours chez l’Oréal. La compagnie présente en outre de nombreux posters. La démarche R&D de L’Oréal consiste à avancer en parallèle dans les domaines de la compréhension de la « mécanistique » (évènements cellulaires observés) des tests, assurer le suivi des études multicentriques et accompagner le processus de validation. La compagnie a développé en outre des partenariats avec tous les grands partenaires impliqués dans la recherche de nouveaux tests (EPAA, FP7, COLIPA, TOX21,…)
Le programme européen ACuteTox, sensé résoudre la problématique du remplacement des tests animaux pour l’évaluation de la toxicité aiguë a été présenté par sa coordinatrice suédoise Cécilia Clemedson. C’est est un fiasco. La batterie de tests cellulaire mise en œuvre entre 2005 et 2009 n’a jamais donné de prédiction des effets humains supérieure à 0,5 ! Les analyses statistiques sont en cours mais on peut d’ores et déjà dire que l’ECVAM n’aura pas de test à valider issu de ce programme pourtant financé à hauteur de plusieurs millions d’euros !
Concernant la présentation du test VALITOX, notre programme de remplacement des tests animaux sur le domaine de la toxicité aiguë a retenu l’attention de plusieurs organismes de validation (Raymond Tice directeur du NTP américain, Maria Fernadez Cruz de l’INIA en Espagne, An van Rompay du Centre belge des méthodes alternatives) et de compagnies privées (L’Oréal, Ceetox, Syngenta, Straticell, ILS, Discovery Technology). Des contacts ont été pris avec ces partenaires potentiels en particulier avec L’Oréal très intéressé par VALITOX pour son programme d’évaluation de génotoxicité. La présentation de VALITOX à Cecilia Clemedson (ACuteTox) n’a pas permis de raccrocher nos résultats au programme en cours dont les partenariats sont figés depuis 2005 !
Enfin, suite à la présentation du poster, l’ECVAM signale que la demande de validation est possible mais pointe le fait que peu de substances (25 en l’occurrence) ont été testées alors que plusieurs centaines sont habituellement requises pour débuter un programme. La capacité haut débit du test est perçu comme un plus important.
Christophe Furger
Photos de gauche: JF.Narbonne et C.Furger au congrès de l'ECVAM
Photos de droite: C.Furger
